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S13 pressions romantiques. Nous laissons à penser, d'après cela, quelle protection les lettres ont trouvé chez nous pendant quinze ans, non pas que nous pensions qu'il faille tantprotéger les lettres, car il y a une certaine protection qui les lue, mais cependant un esprit élevé trouvera le moyen de donner L'impulsion sans asservir les caractères ni les pensées. Enfin, lorsqu'il fut temps de mourir, ceux qui n'avaient guère su combattre ni se tenir debout, ne surent pas non plus tomber. On s'était tellement cru nécessaire et im- mortel sur ce premier siège des Gaules, qu'on s'y cramponna jusqu'au bout. M. Fescli une fois mort, il y avait un grand devoir à remplir ; il fallait annoncer sa mort par un mandement, comme cela se pratique; récla- mer pour leur pasteur les prières des fidèles, puis, cé- lébrer à la cathédrale un service funèbre. Pourquoi ne se fit-il rien? c'est un triste secret, une haute inconvenance contre laquelle protestèrent les feuilles de Lyon. Et l'ar- chevêque, qui, en ses beaux jours, n'avait pas eu l'art de mettre dans ses intérêts une seule de ces feuilles, se vit abandonné du Piéparateur, pendant que le Courrier faisait feu, et que le Censeur jouait son rôle naturel ici d'une indif- férence à peu près complète. Alors même que le successeur de M. Fesch était déjà nommé, on sollicitait aux Tuileries et à Rome, on suppliait à Lyon le duc d'Orléans, tandïs- que l'affaire était décidée sans rémission. L'on offrait gra- cieusement au jeune prince l'almanach de Gotha, glorieux almanach, d'où il ne fallait pas rayer un évêque, baron de Catalogne, allié aux principicules allemandes. Dès le principe, les droits du Chapitre avaient été mé- connus, et le pouvoir dont il se trouvait investi par le décès du titulaire, furent nettement foulés aux pieds. Le 33