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498 de cet autre, si soumis et si docile, si obséquieux de parod- ies et d'actions. Les allures un peu libres, qui s'allient pins d'une fois avec des esprits nobles et élevés, déplaisaient grandement en haut lieu, et pour se garer de toute taqui- nerie, il était bon d'avoir derrière soi un petit bien pa- trimonial. Etrange misère ! Quand il se rencontrait quelque prêtre qui gauchissait dans la ligne de ses devoirs, quelque curé, sur qui pesait une dénonciation fondée ou injuste, ou y allait avec une légèreté, une inconséquence et un manque de charité d'où il advint plus d'une fois un scandale patent, une fâcheuse rumeur qu'il eut été facile d'éviter. Loin de jeter le manteau de l'Evangile sur les faiblesses d'un frère, on les laissait paraître au grand jour, on les trahissait im- miséricordieusement. C'est ainsi que le diocèse a perdu quelques-uns de ses prêtres les plus remarquables. Des sus- picions mal éclaircies, des doutes, des lâchetés les ont fait repousser du Lyonnais. Heureux encore ceux qui alors sont accueillis par un diocèse voisin, et qui peuvent se passer de l'appui du leur ! Pourtant, lors même qu'une faute avé- rée serait venue interrompre une vie de zèle et de travaux, n'y a-t-il pas espoir de remettre sur le droit chemin un homme de cœur, si on lui montre quelque bienveillance à côté de la réprimande , si on le réchauffe dans la charité, après l'avoir redressé dans la correction ? Est-ce que le sol- dat dont le courage aura failli un jour ne se relèvera pas à la bataille prochaine, et sous l'œil de ses chefs ne se vengera pas de la transgression passée ? Bien souvent l'homme qu'une existence déshonorée et flétrie précipite dans les bas-fonds, se serait maintenu sur les hauteurs, s'il s'était trouvé une main habile pour le sauver au mo- ment décisif. Il y a si peu de distance du vice à la vertu, de l'honneur à l'infamie!