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159 •qui s'ouvre aujourd'hui, Messieurs, sous vos auspices. — Cette différence des deux époques et de leurs besoins se trouve exprimée par le contraste de deux faits qui peuvent servir de symbole. — Un chroniqueur mal intentionné, rapporte qu'au XV e siècle, les bour- geois de Lyon sommés d'opter entre les diverses faveurs dont le roi disposait pour ses bonnes villes, troquèrent leur académie contre deux foires : nous n'examinerons point s'ils avaient bien choisi. Aujourd'hui, les foires ont disparu avec le régime de privilèges qui les avait fondées, et la foule se presse de nouveau dans l'enceinte académique, où les successeurs éclairés de nos vieux éche- vins la convient : espérons qu'à ce changement nous n'aurons rien perdu. 3. Il reste à parler d'une classe moins nombreuse, et pour laquelle la connaissance du droit n'est plus un luxe bien- séant, un avantage désh-able, mais une impérieuse nécessité. On y doit comprendre tous ceux que la confiance publique appelle à s'occuper du contentieux commercial : les syn- dics chargés de présider aux opérations des faillites, les arbitres volontaires et forcés, et surtout les juges consu- laires. Ici, moins encore qu'en tonte autre circonstance, le passé n'a laissé aucun de ces regrets qui plaident pour des innovations de l'avenir. Le tribunal de Lyon a subi de nombreux renouvellements : la justice et la sagesse n'en sont jamais sorties : mais vous ne savez pas, Messieurs, par quels sacrifices il a su les retenir. Au milieu d'une vie où le loisir avait déjà peu de place, surpris par des suf- frages qu'ils ne briguèrent point, élevés au sacerdoce ju- diciaire dont la gravité les effrayait, ces hommes de bien ne vous ont pas dit par quels efforts ils voulurent s'y pré-