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149 toutes les émigrations honorables et à toutes les importa- tions utiles, reçut de Florence et de Milan deux puissantes industries, la banque et l'art de tisser la soie. Vers la même époque elle voyait s'établir ces foires célèbres auxquelles se rendaient les trafiquants des plus lointaines contrées : elle y acquérait ces richesses qui la firent appeler par Sully d'un nom aussi juste que gracieux : « La porte do- rée de la France. » — La prospérité de Lyon, résultat désormais nécessaire des faits accomplis, ne pouvait pas périr dans les agitations politiques, elle ne périra point dans les crises financières. Aujourd'hui même, s'il en fal- lait croire de flatteuses prévisions, le moment ne serait peut-être pas loin, où le commerce de l'Asie, ramené par la voie de Suez sur les eaux de la Méditerrannée, irait se confondre avec les produits de l'Afrique tributaire dans les bassins de Marseille, d'où partirait une nouvelle ligne de navigation qui desservirait les deux Amériques. Or, pour continuer cette brillante hypothèse, Marseille, rap- prochée de nous par la rapidité toujours croissante des communications, ne serait plus que le port de notre ville, devenue elle-même, par un système continu de rivières et de canaux, l'entrepôt de l'Europe centrale et le marché commun des quatre parties du monde. Toutefois, au milieu de cet immense mouvement maté- riel jamais ne s'interrompit la vie de la pensée. A pei- ne les Gaulois avaient-ils élevé sur la rive du Rhône leurs toits rustiques, et déjà des voyageurs grecs y apportaient la langue d'Homère. Bientôt des écoles s'ouvrirent sous les auspices des gouverneurs romains : les concours poétiques de l'autel d'Auguste furent connus par tout l'Empire. Le savoir théologique ne cessa pas de se montrer sur le siège d'Irénée, d'Eucher et d'Agobard; et les querelles reli-