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toutes les émigrations honorables et à toutes les importa-
tions utiles, reçut de Florence et de Milan deux puissantes
industries, la banque et l'art de tisser la soie. Vers la même
époque elle voyait s'établir ces foires célèbres auxquelles
se rendaient les trafiquants des plus lointaines contrées :
elle y acquérait ces richesses qui la firent appeler par
Sully d'un nom aussi juste que gracieux : « La porte do-
rée de la France. » — La prospérité de Lyon, résultat
désormais nécessaire des faits accomplis, ne pouvait pas
périr dans les agitations politiques, elle ne périra point
dans les crises financières. Aujourd'hui même, s'il en fal-
lait croire de flatteuses prévisions, le moment ne serait
peut-être pas loin, où le commerce de l'Asie, ramené par
la voie de Suez sur les eaux de la Méditerrannée, irait
se confondre avec les produits de l'Afrique tributaire dans
les bassins de Marseille, d'où partirait une nouvelle ligne
de navigation qui desservirait les deux Amériques. Or,
pour continuer cette brillante hypothèse, Marseille, rap-
prochée de nous par la rapidité toujours croissante des
communications, ne serait plus que le port de notre ville,
devenue elle-même, par un système continu de rivières
et de canaux, l'entrepôt de l'Europe centrale et le marché
commun des quatre parties du monde.
   Toutefois, au milieu de cet immense mouvement maté-
riel jamais ne s'interrompit la vie de la pensée. A pei-
ne les Gaulois avaient-ils élevé sur la rive du Rhône leurs
toits rustiques, et déjà des voyageurs grecs y apportaient la
langue d'Homère. Bientôt des écoles s'ouvrirent sous les
auspices des gouverneurs romains : les concours poétiques
de l'autel d'Auguste furent connus par tout l'Empire. Le
 savoir théologique ne cessa pas de se montrer sur le siège
 d'Irénée, d'Eucher et d'Agobard; et les querelles reli-