Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                               6G
surtout ses connaissances approfondies de l'antiquité profane
feront toujours de lui un professeur distingué parmi les pro-
fesseurs de littérature ancienne. On lui a reproché d'aller beau-
coup trop vîte, on aurait dû lui en faire un mérite ; car,
M. Démons a continué ses leçons sans interruption et avec la
plus scrupuleuse exactitude, mérite assez rare en général, et
qui est la politesse des professeurs comme celle des rois. Le
plan qu'il a adopté est aussi de beaucoup préférable à celui de
l'année dernière. Une de ces leçons de la semaine est consa-
crée à l'étude historique, philosophique ou philologique de la
littérature ancienne, l'autre leçon est consacrée aux explica-
tions des textes grecs et latins, et ainsi tous les goûts peuvent
se satisfaire. Un plan semblable a été adopté par le professeur
de littérature hébraïque à la Facullé de Théologie. M. Démons
appartient à l'école classique, c'est dire assez les qualités ou
les défauts de son enseignement toujours utile et toujours
plein d'intérêt. Il faut l'avouer, nous ne comprendrions pas
la littérature ancienne expliquée par un professeur d'une école
opposée, la critique refroidirait trop souvent l'enthousiasme.
Pour citer un exemple des doctrines de M. Démons, nous
rappellerons la première leçon où le professeur soutenait la
supériorité de l'éloquence des anciens sur celle des modernes,
et il avouait, cependant, que l'infériorité moderne suppo-
sait l'excellence de nos institutions. Il nous a semblé qu'il
pouvait ici distinguer entre la forme et l'idée; l'éloquence
des Chrysostôme et des Augustin agitait les intérêts éternels,
celle des Mirabeau et des Maury agitait des intérêts sociaux,
pent-être plus grands que ceux de la Grèce ou de Rome, de-
vant des assemblées moins nombreuses, il est vrai, mais
plus éclairées certainement.
   Nous soumettons cette réflexion à M. Démons, peut-être
n'avons-nous pas compris entièrement la pensée qu'il dévelop-
pera ou qu'il a développé sans doute plus tard.
   — M. l'abbé Noirot, dont l'enseignement célèbre eut été
en parfaite harmonie avec celui de ses confrères a modeste-