Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                               65
en connaître les détails avant de l'entendre. A ceux qui
lui reprochent un style trop élégant, nous dirons que l'é-
légance n'exclut pas plus la profondeur que la clarté, et
nous sommes plus juste que M. François lui-même qui
semble refuser à M. de Chateaubriand les qualités de l'histo-
rien parce qu'il écrit l'histoire avec la plume du poète. En
effet, si voir l'enchaînement des effets, si remonter aux causes
qui les produisent, si ne pas se laisser séduire par les appa-
rences pour aller au devant des réalités, si tout cela est de
la profondeur, M. François en a beaucoup; mais il y a des gens
qui veulent de l'obscurité à tout prix. M. François, comme il
le dit lui-même, n'appartient à aucune école, et il se pas-
 sionne pour toutes les gloires-, c'est peut-être un grand
mérite. Par tout ce qu'il a faitj M. François nous fait espérer
encore plus ; son éloquence est entraînante; sa philosophie
vraiment belle est soutenue par tout le prestige extérieur
d'un bel organe. Lyon a adopté M, François; ses succès
 semblent croître encore. Son cours est arrivé avec bon-
iieur jusqu'au [règne de Saint-Louis. Cependant, hâtons-
 nous de le dire, le style de M. François, en général assez
 soutenu, est parfois trop négligé, d'autrefois trop prétentieux
 et il vise à l'effet : il abuse de l'emploi des figures, telles que
 la prosopopée, ^apostrophe, etc ; les fleurs qu'il jette sur ses
 auditeurs sont trop nombreuses. On prétend que la partie la
 plus assidue et la plus brillante de son auditoire est un peu
 complice de ses défauts et en effet ses premiers discours étaient
 plus simples. M. François a tant de ressources dans son es-
 prit qu'il peut facilement corriger les légers défauts dont on
 lui fait un crime, et modifier aussi quelques-unes de ses vues
 historiques. Le savoir coûte beaucoup de travail, et nul ne
 peut lui tracer des bornes ; M. François travaille beaucoup.
     — M. Démons est loin d'avoir les qualités brillantes de ses
  trois confrères. On reprocherait plutôt à son style le défaut
  opposé à celui dont nous venons de parler ;] mais, sa mé-
  moire prodigieuse, son immense érudition, f un tact sûr et
                                                        5