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51 Vibrantes patiuntur aquas : lucetque, latetque Calculus Quum Glaucus opaco Respondet colli fluvius, frondere videntur Fluminei lalices, et palmite eoiisitus amnis. Quls eolor ille vadis, seras quum protulit umbras Uesperus, et viridi perfudil monte Mosellam. Tota natant crispis juga motibus ; et Iremit absens Panipiims, et vilreis vindemia turget in undis (1). Nous avons dit plus haut notre opinion sur ces descriptions faites au microscope, qui remplacent dans les époques de dé- cadence le tableau des grands effets de la nature. Nous ne suivrons pas noire auteur dans tous ses détails, souvent ingénieux, quelquefois pleins de grâce, mais presque toujours froids et inanimés. Nous craignons de n'avoir que trop prouvé déjà qu'il n'est rien de plus fatiguant qu'une lon- gue description, si ce n'est une longue critique. Qu'on nous permette seulement de rapprocher de cette énu- mération descriptive d'Ausone un passage d'un grand poète inspiré par le même sujet et presque par les mêmes lieux. Nous voulons parler des strophes de Byron sur le Rhin (2); elles nous serviront de terme de comparaison pour juger l'œuvre du poète latin. (1) « Le sable se ride sous le courant qui l'effleure : le gazon incliné tremble au fond du lit verdoyant ; et sous le voile indiscret de l'onde, les herbes agitées obéissent à toutes les vibrations des flots. Le caillou brille et se cache tourà tour » Lorsque le fleuve azuré baigne le pied d'une ombreuse colline, les flots se changent en feuillage, et la rivière devient un riant verger. Quel tableau se peint alors sur l'onde, quand l'étoile du soir allonge déjà les ombres e t verse dans la Moselle la montagne verdoyante! On voit tout ce massif de feuillage nager avec une douce ondulation, le pampre absent trembler, e la grappe se gonfler dans le cristal des eaux. » (2) Childe Harold's pilgrimage. Canto III.