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           Vibrantes patiuntur aquas : lucetque, latetque
           Calculus
                               Quum Glaucus opaco
           Respondet colli fluvius, frondere videntur
          Fluminei lalices, et palmite eoiisitus amnis.
           Quls eolor ille vadis, seras quum protulit umbras
           Uesperus, et viridi perfudil monte Mosellam.
          Tota natant crispis juga motibus ; et Iremit absens
          Panipiims, et vilreis vindemia turget in undis (1).

 Nous avons dit plus haut notre opinion sur ces descriptions
faites au microscope, qui remplacent dans les époques de dé-
 cadence le tableau des grands effets de la nature.
   Nous ne suivrons pas noire auteur dans tous ses détails,
souvent ingénieux, quelquefois pleins de grâce, mais presque
toujours froids et inanimés. Nous craignons de n'avoir que
trop prouvé déjà qu'il n'est rien de plus fatiguant qu'une lon-
gue description, si ce n'est une longue critique.
   Qu'on nous permette seulement de rapprocher de cette énu-
mération descriptive d'Ausone un passage d'un grand poète
inspiré par le même sujet et presque par les mêmes lieux.
Nous voulons parler des strophes de Byron sur le Rhin (2);
elles nous serviront de terme de comparaison pour juger
l'œuvre du poète latin.

   (1) « Le sable se ride sous le courant qui l'effleure : le gazon incliné
tremble au fond du lit verdoyant ; et sous le voile indiscret de l'onde, les
herbes agitées obéissent à toutes les vibrations des flots. Le caillou brille et
se cache touràtour
»      Lorsque le fleuve azuré baigne le pied d'une ombreuse colline, les flots
se changent en feuillage, et la rivière devient un riant verger. Quel tableau
se peint alors sur l'onde, quand l'étoile du soir allonge déjà les ombres e t
verse dans la Moselle la montagne verdoyante! On voit tout ce massif de
feuillage nager avec une douce ondulation, le pampre absent trembler, e
la grappe se gonfler dans le cristal des eaux. »
   (2) Childe Harold's pilgrimage. Canto III.