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462 encore deux climats et deux systèmes de végétation tout diffé- rents et pourtant voisins : le printemps sur les plateaux^ et au pied, dans la plaine, un été brûlant ; ici, la magnificence de la végétation équatoréale^ etplus haut,toutes les productions des climats tempérés ; de sorte que la flore des zones torrides peut servir de bordure à des champs et à des bosquets euro- péens. Sur toute la surface de l'Amérique, la nature déploie une exubérance de végétation gigantesque , inconnue partout ail- leurs. Nulle part ne s'étendent des forêts aussi vastes , aussi hautes,, aussi impénétrables; nulle part d'aussi immenses savanes ; nulle part une profusion de plantes aussi riches , aussi belles, aussi variées. L'Amérique est le triomphe de la végétation ; et, chose surprenante, sous cette colossale végé- tation , se remue un règne animal faible et peu à craindre , même dans les espèces les plus redoutables en Afrique et en Asie. Examinez l'Amérique, sa configuration;, ses golfes, ses fleu- ves et sa fécondité. Si l'Europe est d'une nature apte à créer la science de l'agriculture , de l'industrie et du commerce , l'Amérique n'offre-t-elle pas le champ par excellence à l'appli- cation et à l'exercice de cette science une fois créée ? l'Amé- rique était destinée à l'Europe moderne. L'Europe en a pris possession. — La nature, qui régnait orgueilleuse et souveraine sur toute l'étendue de ce continent, recule chaque jour devant les efforts des colons européens. Thésées du Nouveau-Monde, ils subjuguent, non pas des monstres , mais des fleuves , des forêts, des lacs, des plaines marécageuses ; et déjà , sur plusieurs points du sol, déblayés et préparés, se sont établies des sociétés florissantes. Mais que d'immenses solitudes sont muettes encore! Que de vastes bas- sins, emplacements de grands empires , attendent leurs popu- lations! Fonder ces empires, poursuivre jusqu'au bout la con- quête de l'Amérique sur la nature, telle est la lâche de l'ave- nir : tâche immense, laquelle témoigne que l'humanité a