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.",20 pouvoir énoncer bientôt nous-méme, notre opinion ti- mide sur les hommes de notre Faculté. Pour le moment, annonçons l'arrivée du savant profes- seur dont vient de s'enrichir notre ville. Trop longtemps retardé par des formalités de bac- calauréat, comme s'il en devait être besoin pour un homme qui a fait ses preuves, M. Edgar Quinet a récemment débuté en présence d'un auditoire nombreux, d'un auditoire d'élite surtout. Nous connaissions par avance la poétique imagina- tion de l'auteur à 'Ahasvérus, et ses premières leçons nous ont fait comprendre que nous aurions de belles et savantes études sur l'histoire comparéedes littératures, des religions et des sociétés. M.Quinet a un débit attachant, un geste sec, mais assez expressif. Son langage parlé n'offre pas toute la luxuriance de son langage écrit, mais il est plus clair et plus saisissant, tout en restant suffisamment pittoresque et imagé; il est toujours fidèle à la pensée, à une pensée vaste. Nous croyons que l'habile professeur est appelé à faire chez nous une profonde sensation. La veuve d'un grand artiste, M m e Chinard, a légué, en mourant, à notre ville un marbre, ouvrage de son mari, à la simple condition pour la cité d'autoriser le légataire, M. le docteur Chinard, à élever sur l'une de nos places une statue à l'artiste qui est l'une de nos plus glorieu- ses illustrations modernes. N'y a-t-il pas sous la for- me de ce legs toute l'amertume d'un reproche mérité ! En effet, que de dettes semblables Lyon n'a-t-il pas à ac- quitter ! Jacquard n'a point encore de statue, Jacqnard pour la mémoire duquel notre commerce s'est montré si parcimonieux et si ingrat ! Qu'avons-nous fait pour tant d'autres Lyonnais qui ont reflété sur notre ville une par- lie de leur célébrité ? Espérons que notre sculpteur Chi- nard n'attendra pas longtemps l'hommage public que su veuve a voulu lui décerner. Notre prochaine livraison rappellera dans une notice biographique les titres de Chi- nard à notre souvenir et ses droits a la postérité.