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467 de géographie physique et d'état social, le vocabulaire des nations les plus éloignées et les plus différentes les unes des autres, offre quelque chose d'identique, il faut nécessairement conclure de cette identité, l'origine commune des langues, et, de l'origine commune des langues , l'origine commune des peuples. Or, la philologie, science toute jeune encore., a déjà démon- tré la convergence d'une foule de langues vers quelques cen- tres principaux, lesquels centres paraissent eux-mêmes se rat- tacher à un seul point générateur. Les idiomes de l'Europe et de l'Asie se rapportent presque tous à deux grandes familles : 1° la famille Sémitique , qui comprend l'hébreu , l'arabe , le chaldéen, le samaritain,le phénicien, etc., etc.; 2° la famille sanskrite, qui comprend le persan, l'indostani, les dialectes de la Tartarie , le grec, le latin , l'allemand, etc., etc. Entre le sanskrit et le persan, parenté étroite ; entre ces deux langues et les langues de l'Europe rapport tellement intime, qu'un évangile en vieil allemand du IVe siècle, offrait non seulement les radicaux, mais encore les formes et les désinences des lan- gues de la Perse et de l'Inde. Le sanskrit offre avec le grec, et surtout avec le latin, les plus grands et les plus nombreux traits de ressemblance. Cela posé, on conçoit que la philologie, s'aidant de l'histoire naturelle , de la géographie et des traditions, quand il y en a, retrouve les liens de parenté qui unissent les peuples , et dé- termine leur filiation et les traces de leurs voyages. Chaque jour cette science fait des progrès nouveaux, et chaque jour s'avance la démonstration scientifique d'un fait que désire la philosophie et qu'enseigne la religion : l'unité du genre hu- main. Dans le mouvement des migrations, lorsque sur une même terre se furent fixées et vinrent à se rencontrer des hordes et des tribus étrangères les unes aux autres, quel lien put les unir et fonder la société civile ? — On conçoit sans peine que la horde et la tribu se soient formées par l'agglomération suc-