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nymc de médiats. Or, il devait en être de même de son correspon-
dant féminin, que nous connaissons uniquement par l'épitaphe de
Julia Quintiana ; ce terme, emprunté à une langue étrangère, devait
être peu en usage parmi le peuple, et, pour cette raison, moins exposé
à des applications inexactes. Il y eut donc réellement à Rome des
femmes exerçant la médecine ; et cela étant, pourquoi ne regarderait-
on pas comme telles toutes les personnes du sexe qualifiées dans les
inscriptions du titre de MEDICA ? pourquoi voudrait-on les réduire
à n'être que des accoucheuses?
   On aurait une donnée d'un autre genre et non moins concluante,
si l'on admettait avec confiance une autre inscription bien curieuse,
recueillie par Gudius (1), mais dont la source première, ex Ligorio,
semble devoir ne lui laisser qu'une autorité fort douteuse ; elle est
ainsi conçue :
     T 0 R E L L I À.               T.      L.   M E L A N O N I A
            MEDICA.                  A.      M A M M.
    A N N.       X L.        SE.         V I V A.    F E C I T.      ET
           V R N.         M A R M OR.             P O S V I T.

A MAMM. qui ne peut se suppléer, ce me semble, que d'une seule
manière, A MAMMis, placé à la suite de MEDICA , indiquerait bien
formellement une branche spéciale de la médecine ancienne, et sup-
poserait que cette femme faisait profession de traiter, dans les per-
sonnes do son sexe, les maux de cette partie délicate que la nature
a destinée à fournir son aliment à la première enfance.
   Cette particularité confirmerait aussi toutes les conjectures qu'il se-
rait possible de former d'ailleurs sur les limites auxquelles pouvaient
être bornées les attributions régulières de ces ministres féminins d'Es-
culape. Si l'on admet, en effet, que ces femmes étaient quelque chose
de plus que de simples accoucheuses, ce que j'ai cherché à établir,
il n'est pas naturel cependant do supposer que leur pratique s'étendît
indéfiniment à toutes les maladies, ni surtout à toutes les personnes.
Bien plus vraisemblablement, leur clientelle ne se composait que des


  J ) .4)«/7. insa-ipl., p. C.:'.\\W, fi.