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chez elles tout est prophétique; elles résument Jes grandeurs
de l'âge qui va s'éteindre , jettent des mots terribles, de som-
bres prédictions à l'avenir, et soudain elles disparaissent sans
qu'on sache quelle main invisible les a frappées de mort.
   S'il était défendu d'entrevoir quelque chose de surnaturel
dans cette fin de l'artiste français , comment expliquerait-on
la contradiction de sa vie et de sa mort? Ici, la croyance et
l'amour; là, au contraire, le doute et l'égoïsme. Deux jours
 avant le suicide, Nourrit écrit ces derniers vers :
            »   Si tu m'as fait à ton image
            »   0 Dieu ! l'arbitre de mon sort,
            »   Donne-moi le courage
            »   Ou donne moi la mort !
            »   Mou ame en proie à la souffrance
            »   Est tout près de succomber;
            »   Dans l'abîme où meurt l'espérance ;
            »   Oh! ne me laisse pas tomber!
   Ce testament poétique est le cri de la foi ; se pourrait-il
faire qu'il n'eût pas élé entendu, ou bien le suicide de Nourrit
était-il réglé d'avance pour montrer l'imperceptible distance
qui sépare les grandeurs terrestres du plus profond degré d'a-
baissement ? En un mot, cet artiste fut-il une victime de l'or-
gueil ou le salutaire instrument d'une leçon d'en haut ? Mysté-
rieuse question que Dieu seul peut résoudre!
                                           FLEURY LA SERVE.