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                                      II.


  Les Cordeliers de l'Observance de Lyon, ou l'Eglise et le Mo-
nastère de ce nom, depuis leur fondation jusqu'à nos jours; Lyon,
Sauvignct, 1836, in-8°.

   L'histoire est aussi un noble et puissant sacerdoce, que le
prêtre chrétien doit exercer avec empire et efficacité. Rece-
voir l'homme sur le seuil de la v i e , le guider sur l'orageuse
mer où abondent les écueils, puis ensuite le déposer au tom-
b e a u , le confier doucement à l'éternelle espérance, voilà qui
est bien , qui est g r a n d , qui est noble ; mais à l'heure de r e -
cueillement et de solitude, au jour de triste et sainte poésie,
quand l'ame est trop pleine^ que resle-t-il à faire, et quels
enseignements les peuples peuvent-ils attendre d'une bouche
qui a le privilège de former le corps du Christ, suivant l'ex-
pression de saint Jérôme (1) ? Après les sublimes leçons évan-
géliques, après les paroles qui affermissent et consolent, il
reste une tribune plus profane où le ministre des autels sera
toujours écouté, pourvu que sur ses lèvres se retrouve quel-
que chose des chastes pensées du sanctuaire, des tendres ins-
pirations de la foi et des élans célestes de la charité; il reste
l'histoire, il reste la parole écrite, sous quelque mode qu'elle
tente d'ailleurs de se faire jour.
   Nous., hommes du m o n d e , nous sommes trop frivoles et
trop distraits ; nous n'avons pas l'habitude des pensées solen-
nelles ni des méditations saintes; nous voyons plus volontiers
les choses par leur côté le moins g r a v e , tandis que le prêtre ,
constamment cantonné dans les idées éternelles, en v o i t , au
contraire, le côté lumineux et durable. Je ne conçois guère
l'histoire écrite autrement que ne l'ont écrite les grands pen-
seurs , tels que Chateaubriand et Michaud -, je ne veux pas le


  (<) Lettres, loin, i, p. 43, trait, de G. et C.