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185 II. Les Cordeliers de l'Observance de Lyon, ou l'Eglise et le Mo- nastère de ce nom, depuis leur fondation jusqu'à nos jours; Lyon, Sauvignct, 1836, in-8°. L'histoire est aussi un noble et puissant sacerdoce, que le prêtre chrétien doit exercer avec empire et efficacité. Rece- voir l'homme sur le seuil de la v i e , le guider sur l'orageuse mer où abondent les écueils, puis ensuite le déposer au tom- b e a u , le confier doucement à l'éternelle espérance, voilà qui est bien , qui est g r a n d , qui est noble ; mais à l'heure de r e - cueillement et de solitude, au jour de triste et sainte poésie, quand l'ame est trop pleine^ que resle-t-il à faire, et quels enseignements les peuples peuvent-ils attendre d'une bouche qui a le privilège de former le corps du Christ, suivant l'ex- pression de saint Jérôme (1) ? Après les sublimes leçons évan- géliques, après les paroles qui affermissent et consolent, il reste une tribune plus profane où le ministre des autels sera toujours écouté, pourvu que sur ses lèvres se retrouve quel- que chose des chastes pensées du sanctuaire, des tendres ins- pirations de la foi et des élans célestes de la charité; il reste l'histoire, il reste la parole écrite, sous quelque mode qu'elle tente d'ailleurs de se faire jour. Nous., hommes du m o n d e , nous sommes trop frivoles et trop distraits ; nous n'avons pas l'habitude des pensées solen- nelles ni des méditations saintes; nous voyons plus volontiers les choses par leur côté le moins g r a v e , tandis que le prêtre , constamment cantonné dans les idées éternelles, en v o i t , au contraire, le côté lumineux et durable. Je ne conçois guère l'histoire écrite autrement que ne l'ont écrite les grands pen- seurs , tels que Chateaubriand et Michaud -, je ne veux pas le (<) Lettres, loin, i, p. 43, trait, de G. et C.