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184 ses compagnons de voyage qu'on expédiait, prit si bien son temps, qu'ayant fendu la presse d'une prompte escarpinade, il frustra l'attente de tous les spectateurs, et, bien qu'il eût les mains liées, la corde au cou traînant jusqu'à ses pieds, il entre dans une petite rue près de là , sort de îa ville et se réfugie en Savoie, où il était né. Le prévôt demanda au confesseur ce qu'était devenu son criminel ; le P. Cordelier répondit froidement qu'on ne l'avait pas commis à la garde de son corps, mais seulement à celle de son ame, et l'assura que Levoyer était bien repentant de ses fautes. M. Pavy, quand il rappelle tous les meilleurs tableaux qui décoraient l'église et le couvent, aurait pu donner quel- ques lignes au Petit-Bernard, fameux graveur sur bois qui demeurait tout près des Cordeliers, et dont il reste quelques ouvrages dans les vieux livres. L'omission que nous signa- lons et quelques légères erreurs n'empêchent pas que ce volume ne soit une excellente monographie. Nous croyons savoir que M. Pavy s'occupe d'une Vie de Saint-Bonaventure, qui fera suite aux Grands-Cordeliers, et qui, montrant dans le saint l'homme de son siècle, sera aussi une étude approfondie de ses œuvres si riches et si inconnues, on peut le dire. Cet ouvrage, comme le premier, ira sans doute, par sa forme et par l'ensemble de sa rédaction, à l'adresse de tous les lecteurs, de toutes les opinions politiques et religieuses. Si j'étais.... archevêque de Lyon, je nommerais M. Pavy à tous les vicariats de celte ville, sauf meilleure destinée ensuite, et je lui dirais ; Monsieur l'abbé, faites-nous sur chacune de nos églises une de ces notices que vous faites si bien(l). (1) Courrier de Lyon, 26 septembre 1835.