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ses compagnons de voyage qu'on expédiait, prit si bien son
temps, qu'ayant fendu la presse d'une prompte escarpinade,
il frustra l'attente de tous les spectateurs, et, bien qu'il eût
les mains liées, la corde au cou traînant jusqu'à ses pieds, il
entre dans une petite rue près de là, sort de îa ville et se
réfugie en Savoie, où il était né. Le prévôt demanda au
confesseur ce qu'était devenu son criminel ; le P. Cordelier
répondit froidement qu'on ne l'avait pas commis à la garde
de son corps, mais seulement à celle de son ame, et l'assura
que Levoyer était bien repentant de ses fautes.
   M. Pavy, quand il rappelle tous les meilleurs tableaux
qui décoraient l'église et le couvent, aurait pu donner quel-
ques lignes au Petit-Bernard, fameux graveur sur bois qui
demeurait tout près des Cordeliers, et dont il reste quelques
ouvrages dans les vieux livres. L'omission que nous signa-
lons et quelques légères erreurs n'empêchent pas que ce
volume ne soit une excellente monographie. Nous croyons
savoir que M. Pavy s'occupe d'une Vie de Saint-Bonaventure,
qui fera suite aux Grands-Cordeliers, et qui, montrant
dans le saint l'homme de son siècle, sera aussi une étude
approfondie de ses Å“uvres si riches et si inconnues, on peut
le dire. Cet ouvrage, comme le premier, ira sans doute,
par sa forme et par l'ensemble de sa rédaction, à l'adresse
de tous les lecteurs, de toutes les opinions politiques et
religieuses.
   Si j'étais.... archevêque de Lyon, je nommerais M. Pavy
à tous les vicariats de celte ville, sauf meilleure destinée
ensuite, et je lui dirais ; Monsieur l'abbé, faites-nous sur
chacune de nos églises une de ces notices que vous faites
si bien(l).

  (1) Courrier de Lyon, 26 septembre 1835.