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42 taine et qui venaient obligeamment vous verser de l'eau sur les mains. J'ai pris d'abord le petit lapin pour un hérisson ; ensuite j'ai bien vu que je me trompais, car le livret dit : Il était allé faire à l'aurore sa cour Parmi le thym et la rosée. Or jamais hérisson ne fut si galant, ce doit être un lapin ; je préfère la branche de thym et la plante de fougère. La Nature morte est un bon pendant à La caille et sespetits, re- couverts à peine d'un duvet naissant. M. St-Jean possède assez bien le sentiment de la nature matérielle. Nous lui souhaiterions un peu plus d'énergie et un peu moins de coquetterie. Après M. St. Jean ce qu'il y a de mieux en fait do fleurs est une étude de M. Moussy ; elle annonce beaucoup de disposition dans cette spécialité. Nous avons avec peine remarqué l'absence de M. Berger, dont le talent vigoureux et magnifique a été indignement méconnu à Lyon. Heureusement M. Berger a pour lui tous les artistes et tous les vrais connaisseurs. A propos de nature morte vous trouveriez fort drôle un certain héron suspendu par la patte; cela ne ressemble pas mal à une ficelle garnie de plume, et l'auteur qui habite Paris a eu la bonté de faire voyager jusqu'ici son chef-d'œuvre ! Je donnerais pour la Bacchante de Foyatier bien des bons ta- bleaux de l'exposition. Quel modelé pur et vigoureux ! Quelle énergie et quelle grâce !... La pierre s'est animée sous le ciseau; c'est un dythirambe, c'est une ode d'Horace laissée dans le marbre.—Voici encore une multitude de bronzes fort jolis, mais en général c'est de la marchandise plutôt que de la sculpture. A défaut du Combat des cheva- liers, du Sonneur d'Oliphan, du Pêcheur napolitain ou de la femme au faucon on aimerait trouver sur sa cheminée un des bronzes de Gechter, La mort du chevalier de Dailly ou Le combat de Charles Martel avec Abdêrame.) Ce dernier groupe est exécuté avec har- diesse ; mais avec une singulière inexactitude de costumes. Je men-