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taine et qui venaient obligeamment vous verser de l'eau sur les
mains.
   J'ai pris d'abord le petit lapin pour un hérisson ; ensuite j'ai
bien vu que je me trompais, car le livret dit :
                   Il était allé faire à l'aurore sa cour
                        Parmi le thym et la rosée.

Or jamais hérisson ne fut si galant, ce doit être un lapin ; je préfère
la branche de thym et la plante de fougère.
    La Nature morte est un bon pendant à La caille et sespetits, re-
couverts à peine d'un duvet naissant. M. St-Jean possède assez bien
le sentiment de la nature matérielle. Nous lui souhaiterions un peu
plus d'énergie et un peu moins de coquetterie.
    Après M. St. Jean ce qu'il y a de mieux en fait do fleurs est une
étude de M. Moussy ; elle annonce beaucoup de disposition dans
cette spécialité.
    Nous avons avec peine remarqué l'absence de M. Berger, dont le
talent vigoureux et magnifique a été indignement méconnu à Lyon.
Heureusement M. Berger a pour lui tous les artistes et tous les vrais
connaisseurs.
    A propos de nature morte vous trouveriez fort drôle un certain
héron suspendu par la patte; cela ne ressemble pas mal à une ficelle
garnie de plume, et l'auteur qui habite Paris a eu la bonté de faire
voyager jusqu'ici son chef-d'Å“uvre !
    Je donnerais pour la Bacchante de Foyatier bien des bons ta-
bleaux de l'exposition. Quel modelé pur et vigoureux ! Quelle
énergie et quelle grâce !... La pierre s'est animée sous le ciseau; c'est
un dythirambe, c'est une ode d'Horace laissée dans le marbre.—Voici
 encore une multitude de bronzes fort jolis, mais en général c'est de la
 marchandise plutôt que de la sculpture. A défaut du Combat des cheva-
 liers, du Sonneur d'Oliphan, du Pêcheur napolitain ou de la femme
au faucon on aimerait trouver sur sa cheminée un des bronzes de
Gechter, La mort du chevalier de Dailly ou Le combat de Charles
 Martel avec Abdêrame.) Ce dernier groupe est exécuté avec har-
diesse ; mais avec une singulière inexactitude de costumes. Je men-