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                L'ANCIENNE DOUANE DE LYON                    391

 le prélat qui, après avoir voué sa vie au service des petits et
 des faibles, voulut reposer, après sa mort, dans la maison
 des pauvres, à l'abri de l'épitaphe bien connue, inscrite sur
le monument de l'Église de la Charité : Pauper natus sum,
pauperîatem novi, pauper vixi, pauper morior, inter pau-
peres sepeliri volo.
   Mais le Roi, sourd aux prières du Consulat et de l'Ar-
chevêque (22), ne voulut pas que la révolte restât impunie.
 Quatre régiments furent envoyés à Lyon et logés chez les
 habitants. Il y eut des arrestations. On lit dans la Gazette
 de France de l'époque : « Quelques-uns de nos séditieux ne
 « se souvenant pas que les rois, pour avoir les mains
 « longues, n'ont pas pour cela la mémoire courte, sont
« venus d'eux-mêmes se prendre au trébuchet ». On ins-
truisit le procès des coupables, et cinq furent condamnés à
mort.
   Deux mois après la sédition, le 5 février 1633, quatre
d'entre eux furent exécutés. Le cinquième parvint, au mo-
ment de l'exécution, à se glisser furtivement dans la foule,
et disparut. Le Prévôt ayant demandé au religieux corde-
lier qui l'assistait, ce qu'était devenu son pénitent, le reli-
gieux répondit : « On ne m'avait pas commis la garde de
« son corps, mais celle deson âme; du reste, M. le Prévôt,
« je puis vous assurer qu'il était bien repentant de ses
« péchés (23.) »
   Il est maintes fois question dans les correspondances et
mémoires de l'époque, des inconvénients et des charges
que la Douane de Lyon créait au commerce.



 (22) Lettres de Crosset au Consulat. Arch. munie. ÀA. 51.
 (23) Péricaud, Documents, décembre 1632, 4 fév. 1633.