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154 BIBLIOGRAPHIE à celui de Firminy ; l'origine du prieuré de Chandieu, ses reliques de saint Domnin, sa confrérie de Saint-Jacques, son hôpital : voilà les points principaux de cette étude autour desquels les annalistes ont groupé leurs indications. Le quatrième fascicule commence avec le supériorat de M. Visse (1758-1762). L'ère des difficultés matérielles était passée; celle des épreuves morales existait déjà . Mgr de Montazet gardait ses sympathies pour les Dominicains, Oratoriens, Joséphites, chez qui l'esprit jansé- niste trouvait plus d'une entrée. Quant aux Sulpiciens qui résistaient à toute infiltration des»idées de Port-Royal, ils ne rencontraient pas la même bienveillance dans leurs rapports avec le premier pasteur du diocèse. On voudrait du moins qu'ils eussent toujours trouvé chez lui un esprit de justice, sinon de reconnaissance et d'estime. Mais quand on a lu le récit détaillé des moyens violents autant qu'habiles par les- quels Mgr de Montazet propageait ses idées (modifications dans le catéchisme, et dans l'antique liturgie lyonnaise), par lesquels aussi il cherchait à isoler le séminaire Saint-Irénée des autres mai- sons d'éducation pour peser plus fortement sur lui et l'infléchir aux doctrines qui lui étaient chères et auxquelles résistait le cri de la conscience des Sulpiciens, on éprouve un amoindrissement de respect envers la mémoire du prélat qui méconnaît ainsi la grandeur de sa tâche. D'ailleurs sur toute cette question du jansénisme à Lyon au xvme siècle, il était bon qu'une lumière complète se fît, et il me semble que s'il eût connu les documents dont nous rendons compte, M. Léon Séché, malgré sa prédilection marquée pour le jansé- nisme, aurait modifié son jugement par trop flatteur pour Mgr de Montazet, dans son ouvrage sur les Derniers jansénistes (2). C'est ainsi que l'archevêque de Lyon, par une de ces mesures qui n'avaient d'autre but que de réduire l'enseignement des Sulpiciens, et de gêner leur existence, imagina d'imposer aux séminaristes une première année de théologie chez les Dominicains ou chez les Oratoriens. Libre à eux ensuite de revenir auprès des Sulpiciens, mais leur dernière année devait se faire chez les Joséphites!... En même temps, l'organe du parti janséniste, Les Nouvelles Ecclésiastiques, multipliait ses diatribes (2) Voir :sme II, pp. 49-îj.