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HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE ALLEMANDE, par G.-A. HEINRICH, professeur de littérature étrangère à la Faculté des lettres de Lyon, doyen honoraire. Ouvrage couronné par l'Académie française ; 2 e édition, revue et corrigée (Bibliothèque de la Faculté des Lettres de Lyon). Paris, Ernest LEROUX, éditeur, 1889-1891, tomes II et III. ES deux derniers volumes de la seconde édition de l'Histoire de la littérature allemande, d'Heinrich, viennent de paraître; ils sont consacrés au grand siècle classique, siècle qui commence avec Klopstock et Lessing pour finir avec Henri Heine. De Klopstock on ne connaît guère que la Messiade, et encore a-t-elle été plus vantée que lue. Son auteur a une foi naïve et profonde ; sa vie a été méditative et retirée. Lessing, au contraire, est un sceptique et se mêle à toutes les controverses de son temps. On pourrait presque voir, dans ces deux écrivains, les représentants de deux tendances du caractère allemand : la rêverie et la critique. Lessing a laissé des fables et deux drames. Il avait combattu l'in- fluence française en Allemagne ; il eut des démêlés avec Voltaire. Ces deux écrivains se traitèrent mutuellement de coquins et de voleurs. Cette influence française, combattue par Lessing, Wieland, d'après Heinrich, la subit complètement ; mais peut-être subit-il plutôt encore celle de l'Italie, car Obèron rappelle le Roland furieux de l'Arioste. Burger, dans ses ballades, se rapproche de Wieland par la fantaisie, mais s'en éloigne singulièrement par le sérieux des créations ; Woss, dans son épopée domestique de Louise, s'en éloigne plus encore. Enfin