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208                     EN OISANS

   Nous le rangeons de suite dans la catégorie de « ceux
qui veulent épater le public » classe des gens pétulants,
section des ennuyeux.
   Il ne cessa de nous narrer des prodiges de valeur, des
tours de force, accomplis par lui dans ses marches et con-
tremarches, et qui, en somme, je le dis humblement,
étaient à.nos yeux des choses plus qu'ordinaires.
   Finalement, il nous demande d'où nous sommes.
   « ... deLyon, n'est-ce pas ? oh j'ai reconnu ça à votre
accent, il n'y a pas à s'y tromper... et puis, vous êtes
calmes, tranquilles, comme tous les Lyonnais : je ne dis pas
cela en mauvaise part, mais... ils sont froids, les Lyonnais,
ils parlent peu.
    « — Oui, je crois qu'ils parlent moins que les Pari-
siens... Cependant, vous savez, ce n'est pas aux paroles
qu'il faut juger...
    « — Oh! je sais bien qu'il y a de bons alpinistes à
Lyon, mais... vous allez surtout à la Grande-Chartreuse,
vous venez peu dans l'Oisans ?
    a — Dans l'Oisans ? nous, personnellement, c'est la
première fois; mon frère même n'avait jamais vu de
grandes montagnes.
   « — Eh bien ! il a dû en voir pas mal, dans ce damné
pays.
    « — Oui, il est même monté dessus.
    « — Ah !... et quelles courses avez-vous faites ?
    « — Nous avons commencé par l'Étendard...
    « — Pour commencer ?... Bé dame! vous allez bien.
    « — Oh! l'Étendard n'est pas très difficile.
 , « — Allons, allons, vous le faites à la pose, nous
 dit-il.
    « — L'Étendard ? c'est d'ia blague, répond mon frère, le