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402                  LE LIVRE DE RAISON

Fâge de 64 ans, contracter un second mariage, qui donna
encore le jour à trois autres enfants.
   Hugues Mayet vécut jusqu'à un âge fort avancé, car, le
 27 avril 1763, il tient encore note du décès du curé de sa
paroisse. Et comme, à cette date, il était entré dans sa
quatre-vingt-unième année, il est à présumer qu'il mourut
bientôt après.
   Il ne faut pas demander, assurément, à notre vieux
paysan, beaucoup de développements dans la rédaction de
ses notes journalières. Quoique son écriture soit bonne, la
rédaction semble lui coûter quelque peine. Et s'il a bien
soin de nous dire quel jour de la lune est né chacun de ses
enfants, ce qui était, paraît-il, un pronostic de bonheur ou
de malheur, il se borne à mentionner, sous la forme la
plus brève et la plus stoïque, le décès de tous ceux des siens,
auquel il a survécu.
   Toute son expansion, il la réserve pour nous rappeler les
funestes résultats de l'intempérie des saisons, du cruel
hiver de 1709, notamment, les fâcheux effets des épizooties
qui déciment son bétail, l'impression que lui a causé la nou-
velle d'une émeute qui vient de troubler la ville de Lyon,
la curiosité que provoque le passage de quelques princes du
sang à l'Arbresle, et aussi les ravages causés par le débor-
dement des rivières qui ruinent les ponts de la contrée, et
dont nous retrouvons, aujourd'hui encore, les traces à
Dorieux.
   Ces petits faits étaient les seuls, en effet, qui pussent
venir rompre la monotonie de la vie paisible d'un paysan,
attaché à la culture de ses terres, et qui ne quittait guère
ses foyers que dans des occasions extraordinaires.
   Sans doute les simples notes que nous a laissées cet hon-
nête cultivateur, ne nous font pas connaître tous les détails