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EN OISANS 13* que jamais alors je me sens pénétré par le charme de cette première marche matinale. Dans toute excursion je trouve que ce moment est un des meilleurs ! Que c'est bon de respirer à pleins poumons cet air pur, quelle j'oie de vivre, de vivre d'une jeunesse qui semble sans fin, d'une vigueur qui paraît sans faiblesse, tan dis que tout est plongé dans la torpeur de la mort. Les nuages descendent rapidement dans la direction de la Bérarde ; quelques-uns sont encore accrochés dans les hauteurs, ou flottent dans l'air pareils à des fantômes. Devant nous, la Meije qui se rapproche paraît dix fois plus grande, et sous cette lumière douce qui revêt les montagnes de formes étranges, les glaciers éclatent de blancheur et les ombres noires sont plus profondes. Nous suivons la moraine et arrivons sur le glacier. Sans nous arrêter nous le traversons, presque dans là direction de la Brèche, et atteignons l'encaissement rocheux appelé le Carrefour (altitude 3,100 mètres environ), nous avons mis deux heures et demie du refuge du Châtelleret. C'est ici que commence l'ascension proprement dite : «Voilà la route, dit notre guide, en nous montrant sur nos têtes les rochers qui s'élancent à perte dé vue dans les airs. Mais avant de commencer nous allons déjeuner. » Nous grimpons quelques mètres, et nous installant à l'abri, nous procédons à un repas sommaire. Le thermo- mètre donne un degré de froid, et un vent glacial se met à souffler. Pas content, le père Gaspard, de voir le vent s'élever ; là - haut, cela peut devenir terrible et la Meije imprenable. Enfin nous verrons bien. Le ciel pâlit vers le Col du Clôt des Cavales quand nous entrons dans le Grand Couloir. Nous sommes attachés Ã