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390             L'ANCIENNE DOUANE DE LYON

« ce qu'il reconnaît et blâme leur extravagance. » Une
lettre que l'archevêque de Lyon écrivait plus tard au Roi,
fait voir l'état de détresse où se trouvait notre ville vers
cette même époque : « La lettre que Votre Majesté m'a fait
« l'honneur de m'écrire sur le sujet de la subsistance
« qu'elle veut être tirée de cette ville, m'ayant été rendue,
« j'ai parlé au prévôt des marchands et aux échevins, pour
« les exhorter à obéir promptement, pour ce que, man-
« quant en ce point, ils ne pouvaient faire de bonne grâce
« et se mettaient au hasard d'encourir l'indignation de
« Votre Majesté. Us m'ont représenté la pauvreté du corps
« de ville qui est en dette extrêmement, ou pour des
 « sommes qu'il a été contraint d'emprunter pour fournir à
« ce que V. M. a désiré d'eux, ou pour les dépenses à
 « quoi la peste les a obligés. La difficulté de venir à une
 « capitation, et l'espérance qu'ils ont que Votre Majesté
 « aura tant de bonté pour cette ville (qui a toujours été
 « pleine de fidélité et de passion pour son service), qu'elle
 « considérera sa pauvreté avec compassion, et prendra
 « plaisir à la conserver plutôt qu'à la perdre. Voilà, Sire,
 « tout ce que mon éloquence, le crédit que j'ai parmi le
 « peuple, a piî opérer, si j'en ai acquis quelque peu, c'est
 « plutôt parmi ceux qui n'ont point de bourse que parmi
 « les autres ; et si ces derniers ont de la bonne volonté
 « pour moi, ça sans doute été pour n'avoir jamais essayé
 « d'y fouiller; si j'étais obligé, je perdrais en un instant ce
 « que j'ai acquis avec beaucoup de peine, et me mettrais
 « en état de ne rien pouvoir pour le bien de leurs
 « âmes... »
    La correspondance du cardinal de Richelieu est toute
 entière imprégnée de cet esprit de charité, de dévouement
 aux intérêts du peuple et d'aimable bonhomie. C'est bien