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 290                        BIBLIOGRAPHIE

 Herder, avec des liées sur la philosophie de Thistoire, rompt complètement
 avec la frivolité du dix-huitième siècle et apparaît comme le précurseur
 des historiens du dix-neuvième.
    Cependant toute l'ancienne littérature allemande s'éclipse devant les
 deux noms de Goethe et de Schiller, r Ce fut un magnifique spectacle
 que l'apparition de ces deux grands hommes, séparés l'un de l'autre, au
• début de leur carrière, par une vive antipathie, unis ensuite par la plus
 loyale et la plus noble amitié. De cette petite ville de Weimar, dont
 leur ascendant fait la véritable capitale de leur patrie, ils dirigent tout
 le mouvement littéraire de leur âge (1). »
    Né à Francfort-sur-le-Mein, dans une famille de haute bourgeoisie,
 Goethe, élevé dans la maison paternelle,.échappe au moule uniforme
 des écoles publiques. Ses mémoires, intitulés Vérité et poésie, contiennent
 d'attachantes peintures de ses premières années. Son éducation reli-
 gieuse fut manquée : les exhortations d'un vieux pasteur éveillèrent en
 son esprit plus de doutes que de croyances. Il étudia ensuite dans les
 Universités de Leipzig et de Strasbourg. Reçu docteur en droit, il
 séjourna pendant quelque temps à Wetzlar pour y faire un stage auprès
 de la Chambre impériale ; mais il était déjà tout à la poésie. Son drame
 de Gœti de Berlichingen, dans lequel il traçait le tableau de la société
 féodale au seizième siècle, révéla son génie à l'Allemagne ; 'son roman
 de Werther le fit connaître de l'Europe entière.
    On a dit de Mazarin qu'il croyait à ce qu'il disait au moment où il
 le disait, et que cette conviction sincère, bien que momentanée, per-
 suadait ses interlocuteurs. I! en fut de même pour Gœthe. Pendant
 qu'il écrivait, il éprouvait réellement, bien que d'une manière passa-
 gère, tous les sentiments qu'il exprimait : delà le principal charme de
 ses œuvres; il émeut parce qu'il est ému. C'est à cette faculté de sentir
 que nous devons son admirable poésie, mais c'est au défaut de durée de
 ces sentiments qu'il faut attribuer ses écarts de conduite.
    Après le succès de Werther, Gœthe est appelé à Weimar ; il y
 devient l'ami du jeune prince Charles-Auguste de Prusse et l'idole de
 la Cour. L'aventure suivante nous montre le rôle qu'il y jouait : « Un
 vieux poète, du nom de Gleim, invité à Weimar, désirait vivement
 connaître le jeune écrivain dont parlait toute l'Allemagne ; reçu à son


  (1) n, 5".