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28 LA FAMILLE Bailly le couche en joue, disant au chef du peloton : Mon commandant faut-il ? Le commandant n'ose prendre sur lui la responsabilité d'un meurtre si gratuit, il ordonne à M. de Bussy de f.... le camp, — ce que je fis ! dit M. de Bussy. Apprenant dans un voyage à Lyon, qu'on recommen- çait à brûler les châteaux un peu partout, M. de Bussy prend décidément son parti pour organiser une troupe de volon- taires qui, restant dans son château, pourront venir au secours du canton, sur réquisition légale. Malheureusement, M. de Bussy était soupçonné de s'être rendu à Chambéry, là où se tramait le projet de faite venir à Lyon le roi Louis XVI, projet formé par le chevalier de Pommelles, de concert avec M. de Jarjayes et le marquis de Chaponay. Madame Elizabeth servait d'intermédiaire entre le roi, qui en reçut la première communication fin juillet 1790, les Princes en résidence à Turin et les trois seigneurs susnommés. Nous n'avons pas à dire comment ce plan de fuite échoua : il suffit [de rappeler que les Princes, à Turin, étaient entourés de gens plus ardents que circonspects ; par le fait de ces derniers, la tentative s'ébruita, même, paraît- il, bien avant qu'elle ne fût abandonnée (39). Et comme dès le mois d'octobre 1790, M. de Bussy avait réuni dans son château quinze homme, acheté des boutons d'uni- forme, commandé des habits verts, fourbi quelques vieilles armes qui dormaient là depuis longtemps, on disait tout haut que les quinze hommes, quand ils seraient deux cents, rejoindraient à Besancon un corps de 40,000 hommes, commandé par M. d'Autichamp, bientôt prêt à marcher (39) Mémoires de Guillon de MontUon. — Victor Fournel : L'Evé- nement de Varennes.