Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                     DES MIGNOT DE BUSSY                    2J

   Avant 1787, M. de Bussy, homme d'initiative, avait, de
compagnie avec d'autres propriétaires-viticulteurs du Beau-
jolais et du Maçonnais, fondé une association, espèce de
syndicat, pour faciliter la vente des vins du pays. C'était
trop tôt : l'association fut dissoute à la suite d'un procès en
reddition de comptes, intenté au fondé de pouvoirs des
viticulteurs (38). Du reste, on approchait des grands jours,
et d'autres soucis allaient occuper le comte de Bussy.
   Dès les premiers excès de la Jacquerie en Lyonnais, le
colonel de Bussy quitta Villié, emmenant avec lui sa femme
et son jeune fils. Un moment d'accalmie se produisant, et
sur l'appel des gens de la paroisse, il revient, organise une
petite garde bourgeoise destinée à contenir les incendiaires
et les brigands, fait patrouille avec elle, protège les châ-
teaux voisins : Corcelle, le Thil, Juliénas. Mais il finit par
être suspect même à sa troupe, qui, trompée par les plus
atroces calomnies, comme celle-ci : C'est la noblesse et le
clergé qui allument les incendies, — menace à tout instant
de lui tirer dessus. Au milieu de toutes sortes de violences,
M. de Bussy, avec une quinzaine d'amis et de serviteurs,
parvient à se préserver, et à force de patience, d'énergie et
de sang-froid, sans tuer, ni blesser un seul homme, rétablit
la sûreté dans tout le canton. La Jacquerie s'apaise, il fait
revenir Mme de Bussy et quelques mois s'écoulent. Mais
le sens populaire est faussé, et quoi que fasse un gentil-
homme, il n'est plus toléré dans sa terre.
  Le 14 juillet 1790, jour de la Fédération, M. de Bussy,
avec trois de ses amis, se présente à la cérémonie, cocarde
au chapeau, pour prêter le serment ; l'officier municipal


  (38) Dossier Mignot de Bussy.