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442 LYON EN NOVEMBRE 1870. et" à l'empereur. Le seul sentiment qu'elles éveillèrent en moi fut celui du dégoût et du mépris. Certes, je ne suis pas impérialiste et je n'ai pour ce régime, qui a mis la France aussi bas, aucune sympathie; mais l'insulte basse et vile contre un ennemi tombé me révolte. Bon nombre de ces caricatures s'adressaient à l'impératrice, non à la souveraine déchue, mais à la femme. Des mil- liers de badauds regardaient et riaient. Combien d'entre eux avaient voté pour les candidats officiels ? combien auraient quêté un sourire, un mot d'elle aux Tuileries, au temps de sa grandeur ? Les révolutions ont cela de triste que les âmes dégradées se croient obligées de plonger aussi bas dans l'insulte qu'elles le faisaient dans la servilité. J'estime qu'on a le droit de juger et de juger sévère- ment l'empereur, mais d'insulter une femme, non. Je considère que l'impératrice a une part de responsabilité dans nos malheurs, mais à qui la faute ? N'est-ce pas la France qui s'est trahie elle-même ? En acceptant pendant dix-huit années un régime dégradant pour la dignité hu- maine, en le consacrant par ses suffrages répétés, la France a failli. Nous avons eu le gouvernement que nous méritions. Au lieu de perdre notre temps à l'insulter, prouvons que nous sommes dignes d'un meilleur. L'opi- nion publique devrait faire justice de ces caricatures honteuses et obscènes, et je fus heureux de voir que je n'étais pas seul à penser ainsi. J'arrivai, en me promenant, à la belle rue de Lyon. La foule se dirigeait vers un café-concert, à l'entrée du- quel flamboyait en lettres de feu « le mot : Casino. » J'entrai. Dans une vaste salle, assez grande pour conte- nir plus d'un millier de buveurs, se pressait un public mêlé, composé surtout de mobiles. La partie féminine de