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432 LES BEAUX-ARTS A LYON.
sentées par des jeunes femmes aux yeux petits, à la figure
molle, à l'expression prétentieuse, aux formes replètes ; la
partie supérieure est occupée par une porte cintrée qui se
relie avec une balustrade et qui laisse voir un jardin.
Dans un autre frontispice (1 ), daté de 1633, et fait pour
Cardon, les mêmes têtes de femmes sont reproduites. Il
faut remarquer dans Huret, et c'est là son mérite particu-
lier, la richesse de ses accessoires et le rendu des soieries
dont il habille ses figures allégoriques : la moire, le taffe-
tas glacé et le velours sont parfaitement imités.
Nous ne laisserons pas échapper la bonne fortune de
pouvoir parler de deux graveurs célèbres qui ont fait un
séjour dans la ville de Lyon : Israël Silvestre et Thour-
neysen.
Israël Silvestre (2), né à Nancy en 4621, mort à Paris
en 1691, s'arrêta à Lyon au retour d'un de ses voyag-es Ã
Rome, et y dessina et grava diverses vues, formant une
suite de vingt-deux petites pièces carrées (3), et une
grande pièce, très-belle et très-rare, représentant la vue
perspective de Lyon, prise du Chemin-Neuf, de la maison
de M. Pion. Silvestre dessinait avec une grande facilité,
il excellait dans les paysages gravés et dans les dessins Ã
la plume, genre qui était très en vogue du temps de
Louis XIII. Les petites figures dont il anime ses paysa-
ges sont touchées avec beaucoup d'esprit.
(1) N° 62 du recueil. — Le motif d'architecture est une niche dont
la voûte, à caissons, est soutenue par une rangée de colonnes, les figu-
res latérales sont, à gauche, la Science humaine, et à droite, la Théo-
logie.
(2) Recherches sur quelques artistes lorrains, par Meaume, p. 20.
— Hubert Rost, VII, p. 183.
(3) Il y en a quelques unes dans les cartons de la bibliothèque
Coste.