page suivante »
320 ÉTUDE SUR LE PATOIS LYONNAIS.
Tu verras en pauvre équipage
Ce que le ciel a de bon et, de beau,
Et tu verras ton Dieu dans un berceau
Qui te tire de l'esclavage.
LE PATRE.
Vou m'apprenez uno nouvello
Que me boustet en pensament.
Per qu'un rez prendre ma querella,
Et se venguet loutza (\)$ipouramen;
Lou voley plus Diuz aquay loutgiamen (2)
Que vene en ma tchapitello (3).
L'ANGE.
Il ne veut point de ta demeure,
Il ne demande que ton cœur ;
S'il languit, s'il plaint et s'il pleure,
C'est à dessein de faire ton bonheur.
Et c'est pourquoi, dis-lui :Mon doux Sauveur,
Je suis à vous tout à l'heure.
LE PATRE.
Grand Dioz, que vous siaz admirablo,
Couchiaz prêz d'un aze (4) et d'un bià (5),
Vous siaz grand, ma siaz redoutablo,
Et me tiraz lei larmos do douz y à .
Venez vou zen promptamen ambe-io (G);
Vous saraï bien redevablo.
(1) Et vient se loger.
(2) Je ne puis souffrir plus longtemps dans ce logement. Diuz, latin, Diù.
($) Tchapitello, comme nous disons, chapi, un hangar : qu'il vienne
sous mon toit, dans ma demeure.
(4) Aze, asinms.
(5) Bio, pour via, vitello, un veau; le Gascon remplace le v par le b, los
bioulous, la bertu, les violons, la vertu.
(6) Ambo, tous deux : venez-vous-en vite avec moi.
D r MONIN.
A continuer.