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212 ÉTUDE SUR LES TABLES CLAUMENNES.
pacifiques des Gaulois. Il demande, que devenant Romains
par les mœurs, par les arts, par les alliances, ils appor-
tent dans Rome leurs richesses dont ils jouissent seuls.
Se résumant, il dit : que les plus anciennes institutions
ont eu leur nouveauté ; que le peuple fut admis aux
magistratures ; puis les Latins, puis les autres nations
d'Italie ; que le décret du Sénat vieillira et, comme tous
les antécédents, servira d'exemple à son tour.
Cette fin, très-abrégée par Tacite, comme toute la
harangue impériale, devait remplir au moins la première
page de la seconde table. L'autre page contenait peut-
être, comme le pense M. Monfalcon (i), le décret rendu
par le Sénat. Toutefois les développements que l'empereur
donne à sa pensée peuvent faire supposer également que
toute cette deuxième table était occupée par la péro-
raison du discours. Une troisième table aurait contenu le
décret.
Nous avons indiqué l'ordre dans lequel doit être expli-
qué le discours de Claude. Lu de cette manière, il ne
nous paraît offrir ni obscurité, ni longueur, ni hors-
d'œuvre. Nous en ferons sentir tout à l'heure la portée
morale.
La question littéraire doit nous attirer d'abord. Cette
question a deux faces, l'histoire et le style. Voyons l'his-
toire.
On s'est longtemps demandé quelle confiance méritait
comme historien un empereur que déclarait idiot le plus
éminent littérateur de son règne.. Le préambule du dis-
cours tabulaire contient un récit de faits passés sous
silence par Tite-Live, Denys d'Halicarnasse et tous les
Anciens qui se sont occupés des commencements deRome.
(1) Hût. de la ville de Lyon, t. I, p. 95, notes.