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ÉTUDE SUR LES TABLES CLAUD1ENNES. 207
que la partie inférieure (1) ; ce qui manque à cette table
contenait sans doute Fexorde et tout le passage du dis-
cours relatif à l'exclusion des sénateurs italiens demandée
par Claude en sa qualité de censeur. Car ce prince, dans
la même séance du Sénat, mène de front deux proposi-
tions : l'exclusion des sénateurs nationaux indignes et
l'admission des Gaulois chevelus ; c'est ce que témoignent
ces paroles de la table conservée : « Tarn vobis cum hanc
partent censura mea adproiare cœpero : « Si cette
« partie de ma proposition, comme censeur, est approu-
« vée, » ainsi que traduit très-bien M. Monfalcon (2).
C'est seulement dans la partie conservée de la première
page ou colonne de la première table, que l'empereur
aborde la question gauloise.
Une des principales objections faites à la proposition,
de la part des opposants, était sa nouveauté qu'ils trai-
taient de dangereuse. L'empereur pense qu'elle n'est ni
nouvelle ni dangereuse. Nouvelle? Il montre les étran-
gers admis aux emplois les plus élevés, dès l'origine
même de Rome : le Sabin Numa succédant à Romulus ;
l'Etrusque Tarquin, Ã Ancus Martius; Ã Tarquin, le fils
d'une captive , Servius Tullius; Ã ce dernier, le second
des Tarquins. Dangereuse ? Il énumère les changements
qu'a subis le gouvernement romain depuis l'expulsion des
Tarquins et fait remarquer que toutes ces mutations poli-
tiques ne l'ont pas empêché d'étendre sa domination jus-
qu'aux bornes du monde.
(1) Cf. Colonîa, op. laud. sup., p. 236; Monfalcon, Monogr. de la
Table de Claude, p. 38 et 41.
(2) La traduction de Brossette que donne le P. Colonia (Hist. litt.
de Lyon, p. 125), est non moins explicite : « Si vous approuviez la
c proposition que je fais aujourd'hui en qualité de censeur. »