Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
2JO                LETTRES DU CAPITAINE

graphie, anthropologie, pathologie, épigraphie, chimie, lui
demandait conseil et s'en trouvait bien. Il faisait de l'astro-
nomie avec Gassendi, de la politique avec les chefs de
l'Etat, et Bayle l'appelait procureur général de la litté-
rature.
   Un autre savant, non moins universel, non moins varié,
mais de notre âge, M. Tamizey de Larroque, s'est mis à
publier, annoter, commenter, élucider les lettres de
Peiresc, et, à ce travail de géant, il a gagné une réputation
d'érudit à rendre des points a quatre bénédictins. Puis il a
publié, annoté, commenté, élucidé les lettres des amis de
Peiresc, sous la couleur que les amis de nos amis sont nos
amis.
   Aujourd'hui, toujours inassouvi, toujours plus ardent, il
donne les Lettres inédites de Philippe Fortin de la Hoguette, un
joli volume, bourré de science, mais tiré à cent exemplaires,
de quoi rendre heureux quelques bibliophiles et faire
mourir les autres de jalousie et de chagrin.
   Que saviez-vous de ce Fortin de la Hoguette ? Rien, sans
doute. Il n'était connu de personne ; c'était un oublié et
pourtant c'était un savant, un grand cœur, qui avait eu son
moment de célébrité; il avait publié un livre qui avait fait
grand bruit : Testament ou conseilsfidèlesd'un bon père à ses
enfants, et tout le monde avait apprécié cette œuvre de
grande portée et de haute moralité.
   Tant en France qu'en Belgique, ce volume, de plus de
cinq cents pages, avait eu seize éditions, de 1648 a 1695,
seulement. C'était joli.
   L'auteur, en outre, était un vaillant capitaine qui servit
loyalement son pays, brava les puissants quand ils n'avaient
pas la justice pour eux et guerroya dans tous les pays. Avec
cela, il était humain, bon, sincère et inflexible dans