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EN PATOIS LYONNAIS 263 « Tout le monde veut le bien, — mais le difficile est de le faire ; — car chacun chacun craint les. coups — et vou- drait que son voisin — payât tout seul la brioche, — et que lui-même ne payât rien. » Si Ton pou bien reparti Lo liars que nos faut bailli, Je feran nol re fenaille ( 9 ) ; Je besseran in chantant, Etmingeran la polaille (10) Cinquante doufai (11) par an. « Si l'on peut (pouvait) bien répartir — l'argent qu'il nous faut donner, — nous ferions nos fenaisons; — nous bêcherions en chantant — et nous mangerions la poule — cinquante-deux fois par an. » Si zu (12) povian raconta (13) A nutron Rai bien-aima ( 1 3 ) / Mè ze ne sau pau écrire. (9) Je ne connais pas le mot fenaille, quoi qu'il soit régulièrement formé sur fen « foin », et ne suis pas sûr qu'il ne faille pas lire senailhs « semailles » (seminalia), qui se prêterait mieux au sens, les semailles exigeant des avances, mais non pas les fenaisons. (10) Polaille (pullalea). Vieux mot français, encore employé par La Fontaine. Ici, par allusion au célèbre mot d'Henri IV. (11) Fai (vices) est altéré. Le patois est veys. (12) Zu pour/*/. Revérony faisait souvent zézayer les Lyonnais. Je doute que cette habitude ait été bien répandue. (13) Raconta, aima. Ici l'auteur ne fait plus are égal à â, comme dans racontau (v. note 5). Cela semble indiquer qu'il y avait encore hésitation sur ce phénomène phonétique, ou bien l'auteur s'est oublié.