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 146                          BIBLIOGRAPHIE

    Et le luxe des vêtements et des bijoux n'était rien auprès de celui
 qu'on apportait aux soins du corps même. Les Romains, sur ce point,
 comme sur tant d'autres, n'ont pas encore été dépassés ; coussins
 plastiques pour dissimuler les défauts de la taille, pommades épila-
 toires pour la poitrine, pour les bras, pour les jambes, pâtes pour
 blanchir le teint, mouches pour en relever l'éclat, noir pour les pau-
 pières et les sourcils, opiats pour la bouche, fausses dents, fausses per-
 ruques, eaux et poudres pour teindre et parfumer la chevelure, ils
 avaient tout inventé avant nous.
   Pour accomplir ces multiples travaux (car c'en étaient véritablement,
auxquels des esclaves spéciaux étaient attachés), un arsenal complet
était nécessaire. Aussi, est-ce en grande quantité qu'on en a toujours,
dans les fouilles, retrouvé les innombrables instruments. Les uns
étaient en métal, en or, en argent ou en bronze, les autres en bois, le
plus grand nombre en ivoire ou en os ; et, chose curieuse, parmi ces
derniers, ce sont les instruments en os qui nous sont parvenus le
mieux conservés, sans doute parce que leur matière, à raison de sa
porosité même, résiste mieux que l'ivoire aux variations de la tempé-
rature.
   Tous nos Musées en possèdent de nombreux spécimens, limes, spa-
tules, boîtes à onguents, épingles à cheveux, souvent si cruelles aux
mains de leurs irritables propriétaires pour les camérières maladroites
ou indociles. TJn de nos compatriotes, M. Crochet, a eu l'idée d'en
former une collection spéciale, d'autant plus intéressante pour nous
que tous les morceaux, à de rares exceptions près, en ont été recueillis
par lui à Lyon ou dans les environs.
   Nos lecteurs se rappellent les fouilles faites à Trion, en 1885, par la
Compagnie du chemin de fer de l'Ouest-Lyonnais, pour l'établisse-
ment de la section de Saint-Just à Vaugneray, et les nombreuses décou-
vertes de tombeaux, de pierres à inscriptions et de poteries qu'elles
amenèrent. La curiosité de nos archéologues fut alors vivement
surexcitée et largement aussi récompensée ; les poteries seules leur
révélèrent les noms de plus de trois cents potiers lyonnais jusqu'alors
inconnus.
   La collection d'objets en os de l'époque romaine de M. Crochet
s'enrichit alors de si nombreuses trouvailles qu'elle est peut-être bien
aujourd'hui ia plus importante des collections de ce geure. En eu