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ALINGEN OU ALLEN-JEAN Quand notre fille est mariée, nous trouvons trop de gen- dres, dit un vieux proverbe. Il est rare que le lendemain même du jour où l'on a publié quelques recherches sur un sujet, on ne rencontre pas un document curieux qui vous fasse regretter, ou de ne l'avoir pas connu plus tôt, ou de n'avoir pas publié votre travail plus tard. Il n'y a donc pas matière à s'étonner que le cas se pré- sente pour un des mots lyonnais qu'on a eu occasion d'étu- dier dans cette Revue (4e série, tome IX, p. 270). On a expliqué à cet endroit qu'il existe à Lyon un jeu que les enfants jouent, aucunes fois même les grandes per- sonnes (il y a de grands enfants) et qu'on appelle alingen ou à l'ingen. Le jeu, a-t-on dit, consiste à prendre une poi- gnée de petits objets, le plus souvent des pois, des haricots, des noisettes, et à présenter le poing clos à son adversaire en échangeant les paroles suivantes : Alingen. — Je m'y mets, — Pour combien? etc. Si le second joueur a deviné le nombre des haricots ou autres choses contenues dans la main du premier, il a gagné ; sinon il paie la différence.