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                   'CHUTE D'AÉROLITHES                    275
 dont l'imprudence m'a fait commettre vis-à-vis de vous la
plus grande impolitesse sans le sçavoir. Enfin, tout m'a été
restitué ; il me reste à vous demander mille pardons de tout
ce qui est arrivé et à vous faire, Monsieur, mes sensibles
remerciements des 4 desseins dont vous vous privés pour
moy, et qui m'ont fait très-grand plaisir. J'aurois ardament
souhaité pouvoir vous en témoigner ma reconnaissance en
vous envoyant sur le champ ma Pirite, ditte pierre de fou-
dre, que je tiens de M. de Fleury ; mais je vous avoue que
j'y suis trop attaché pour m'en dessaisir, non-seulement
parce qu'elle est la plus gosse pirite que j'aie dans mon cabi-
net, mais encore par le prix de la main dont je la tiens. J'ai
donc pris le parti de la faire dessiner, hier, avec la dernière
exactitude, et c'est ce dessein que j'ai l'honneur de joindre
à cette lettre. Je vous enverrai avec plaisir une Pyrite de
mon cabinet, ou du moins un échantillon d'icelles, lorsque
vous m'indiquerez par quelle voie vous voulez que je vous
la fasse tennir. Au reste, j'ai l'honneur de vous prévenir que
quoique je croye sincèrement que la pierre que M. l'Inten-
dant m'a donné soit une pirite ; je ne prétends pas dire
qu'elle ne diffère pas en quelque chose de celles que je pos-
sède, par la forme ; mais seulement qu'étant traitée chymi-
quement, elle a donné les mêmes principes. Il me sem-
ble avoir lu, ces jours derniers, quelque chose au sujet
des pierres de foudre, dans le Mercure de mars 1754, à l'ar-
ticle de la critique du catalogue de feu M. Geofray, page 95.
L'autheur de cette critique paraît ne pas être persuadé qu'il
y ait des pierres de foudre proprement dittes. Cela ne dimi-
 nue rien de la vive impatience que j'ai, Monsieur, de voir
 votre ouvrage à ce sujet. Comme vous le pensés très-bien,
 l'opinion que l'on avoit peut-être trop répétée de la possibi-
 lité de la formation des pierres par la foudre reprendra sans
 doute son ancienne authorité, lorsque vous deignerés la