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 192                  LES MONUMENTS D'ART
 constaté. Ce pesage se fit avec le concours du peseur pu-
 blic et dura plusieurs jours.
    Le 26 novembre, le Directoire prit un arrêté ordonnant
 que tous les autres effets et les tableaux réunis dans ces
 mêmes dépôts seraient décrits et comptés par les sieurs
 Sicard, Carronet Seriziat, et que le sieur Hennequin, (1)
 peintre, serait spécialement chargé de l'inventaire des
 tableaux.
    Comme on le voit, presque journellement les commissai-
 res du Directoire entassaient dans les archives les Trésors
 de nos diverses communautés religieuses et même des ta-
bleaux, mais ces derniers objets d'art étaient d'un mince
intérêt pour le Directoire de Lyon recruté parmi les hommes
 les plus ignorants.
    Ils tenaient d'avantage à l'or et l'argent, et le gouverne-
ment, aux abois, et toujours besogneux, malgré les sommes
énormes produites par la vente des biens nationaux, rendait
décrets sur décrets, pour qu'on battit, le plus vite, monnaie
avec l'argenterie des maisons religieuses supprimées. Déjà
le 30 octobre 1792, il y en avait un stock considérable aux
archives. Ce jour, M. Sicard est nommé commissaire à l'ef-
fet de faire transporter à la Monnaie la valeur de 637 marcs
3 deniers, formant une partie de l'argenterie déposée dans
ces archives et faire procéder, en présence des commissaires
du département et de la municipalité, à une nouvelle pe-
sée. Une seconde remise d'argenterie est faite à la Mon-
naie le 12 novembre suivant. Ce jour, dit le procès-verbal
auquel j'emprunte cette citation, le Directoire s'est occupé
en présence des commissaires du département et de la mu-
nicipalité et de M. Daguillon, directeur des messageries,


  (t) M. Hennequin était un artiste distingué. La famille de Cazenove
possède de lui un portrait à trois personnages.