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172 VOIES ROMAINES DES SÉGUSIAVES Mediolanum. C'est ce qu'il a fait dans son second travail intitulé: Aquœ Segetœ et la voieBolène en Forez. De là , toutes les altérations qu'il a fait arbitrairement subir au tracé des voies romaines des Ségusiaves, et aux chiffres de leurs distances. Lui qui préconise tant la ligne droite, voyant que d'Us- son à Saint-Galmier, la route, par Saint-Bonnet-le-Châ- teau, Luriecq et Saint-Marcellin y menait tout droit, a imaginé de la diriger à gauche à travers des montagnes de mille à onze cents mètres, sur Moind par la Citre près Montarcher, Saint-Jean-de-Soleymieux et Margerie ; et comme la distance ne concordait pas avec le nombre XVII de la Table d'Icidmago à Àquœ, Segetœ, il l'a raccourcie de cinq lieues gauloises, tandis qu'il a dû l'allonger (par sous-entendu du moins) de Lugdunum à Foro Segusia- vorum; mais il s'est bien gardé de parler de ce chiffre XVI lieues gauloises delà Table entre ces deux dernières villes, qui le gênait, parce qu'il aurait encore fallu faire une nouvelle altération de la Table, et il l'a passé sous silence, manière commode de se débarrasser d'une difficulté. En un mot, il ne lui suffisait pas d'avoir enlevé Medio- lanum à Moind, il fallait, pour ainsi dire atout prix, enlever Jquœ Segetœ à Saint-Galmier, parce que sans cela il n'au- rait pas pu expliquer l'existence de ruines considérables à Moind qui paraissent incontestablement être celles d'un théâtre antique (\) gallo-romain puisqu'il n'admettait pas que Mediolanum y eût été ; et quoique les chiffres VIIII et XVII lieues gauloises concordassent bien entre Feurs, Saint-Galmier et Usson et qu'il y eût même des sources thermales à Saint-Galmier, il était oblig'é de combattre cette opinion. (1) Voir: Description du pays des Ségusiaces par Aug. Bernard, 1858, pages 83 et suiv., avec plan et gravure, et le tome XIX des Mé- moires de la Société des Antiquaires de France.