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486                 UN ENFANT DE CHOEUR.

ments du vent dans les profondeurs de la campagne, et tou-
jours le chant du motet dominait l'ouragan, comme si la voix
de Dieu gourmandait l'esprit de la tempête : longtemps les
deux parties combattirent ensemble, se mêlant souvent, se
confondant même, quoique une note, sans cesse ramenée,
rappelât toujours le motif vainqueur.
   Mais enfin, les fureurs de la basse s'éteignirent, les siffle-
ments du vent se perdirent dans un brillant accompagne-
ment âuLaudate, chanté puis repris en animantle rhythme,
et comme en triomphe; puis tout s'apaisa; et le musicien
relevant la tête aperçut dans la glace la figure d'une femme
inondée de larmes, et qui écoutait les mains jointes : il s'é-
lança vers elle :
   — Jeannette ! s'écria-t-il, Jeannette ! c'est donc toi
enfin !
   — Vous vous trompez, dit Capuzzi, qui entrait à l'instant
dans la chambre. 11 n'y a ici que la marquise Alméri, fille
du comte Pepoli, mariée au marquis Alméri, gouverneur de
Rome.
   — Mais, Jeannette, s'écria le jeune homme, c'est bien toi :
tu n'es pas la fille du comte Pepoli !
   — C'est là ce qu'il aurait fallu cacher, dit le vieillard
d'un ton grave. Voulez-vous perdre le comte, perdre ce
gendre et cette jeune femme que vous aimez ? Jeune homme,
vous voila maître d'un secret bien dangereux, Le comte
a des héritiers qui ne souffriraient pas de voir ses immen-
ses biens passer a un enfant supposé !
   — Comment, Jeannette, dit le jeune homme consterné ,
vous avez consenti ?..,.
   — Que voulez-vous qu'elle fît, dit le vieillard? Avait-elle,
l'âge de raison quand le comte l'a nommée sa fille, et lors-
qu'elle est sortie du couvent, lui convenait-il de démasquer
son bienfaiteur?