page suivante »
INCURSIONS DES KOUT1ERS. 283
depuis celte époque ils s'étaient toujours exercés aux armes
pour conserver la conquête de leur liberté. D'ailleurs le sou-
lèvement des bourgeois de Paris, contre le régent (1), chef du
parti féodal, leur alliance avec un grand nombre d'autres
villes et avec le roi de Navarre qui se posait en protecleur du
peuple et de la bourgeoisie (1358) ne prouvent-ils pas que
les haines de la bourgeoisie contre le régime féodal étaient
encore très-violentes ? Ne trouve-t-on pas encore une preuve
de ces haines dans les huées qui accueillirent les bannières
féodales après la bataille de Poitiers (2) et dans cette dénomi-
nation de bataille de Firecul injustement donnée à la bataille
de Brignais par les habitants de noire province (3), car ce
n'était certes pas le courage qui faisait défaut à ces rudes
jouteurs de la noblesse féodale dont Froissart a dit :
« Aussi en France a été trouvée bonne'chevalerie foide,
forte, apperle et grand foison : carie royaume de France ne
fut oncques si déconGt qu'on n'y trouvât bien toujours à qui
combattre. »
Nous croyons donc que l'inaction des villes peut s'expli-
quer par la haine de la bourgeoisie et des communes contre
le régime féodal, régime de guerre civile- et de pillage îirga-
nisé, qui laissait une partie des terres sans culture et ruinait
grés italiens, chassés de leur patrie par la guerre civile et par les tulles des
Empereurs d'Allemagne et du Sainl-Siége , avaient contribué à cet étal de
choses, en apportant à Lyon leur industrie et leur fortune.
(1) Le duc de Normandie qui devint roi de France, sous le nom de
Charles V, après la mort du roi Jean.
(2) La plus grande partie de la noblesse et le roi Jean de France se com-
portèrent bravement à la bataille de Poitiers. La perte de la bataille doit
être attribuée surtout aux mauvaises dispositions prises pour attaquer
l'ennemi et à la fuite houleuse du duc de Normandie et des princes du
sang ; c'est donc à eux seulement qu'auraient dû s'adresser tes huées po-
pulaires.
(3) Voyez l'ouvrage de M. Allut, p. 214.