page suivante »
INCURSIONS DES ROUTIERS. 279 chaslels, aussi durs et aussi nourris que nuls gens pouvoienl être, et assez le montrâmes à la bataille de Brignay, où nous ruâmes jus, le connétable de France (1) et le comte de Forez et bien deux mille lances de chevaliers et d'écuyers. Celte bataille fit Irop grand profit aux compagnons (2) car ils étoient povres ; si furent là tous riches de bons prisonniers, et de villes et de forls que ils prirent en l'archevêché de Lyon et sur la rivière du Rhône, et ce parfit leur guerre quand ils eurent le Pont-Saint-Esprit, car ils-guerroyèrent le pape et les cardinaux et leur firent moult de travaux, et n'en pou-- voient être.quittes ni n'eussent été jusqu'à ce que les compa- gnons eussent tout honni. Mais ils trouvèrent un moyen. Ils demandèrent en Lombardie le marquis de Monlferrat, un moult vaillant chevalier, lequel avoit guerre au seigneur de Milan. Quand il fut venu eu Avignon, le pape et les cardi- naux traitèrent devers lui, et il parla aux capitaines anglois, gascons et allemands. Parmi soixante mille francs que le pape et les cardinaux payèrent à plusieurs capitaines de ces rou- tes (3), tels que messire Jean Haccoude, un moult vaillant chevalier anglois, messire Robert Briquet, Carsuele, Nandon deBageran, le bourg de Breteuil, le bourg Camus, le bourg de l'Espare, Batillier (4) et plusieurs autres, si s'en allèrent en Lombardie et rendirent le Pont-Saint-Esprit, et emmenè- rent de toutes les routes (troupes) bien les six parts. Mais nous demeurâmes derrière, messire Seguin de Batefol, messire Jean Jouel .messire Jaequeme Planchin, Lamit, messire Jean Aimery, le bourg de Pierregort (5), Espiote, Loys (1) Jacques de Bourbon, comte de la Marche. (2) Aux Routiers. (3) Troupes. (4) La plupart de ces noms sont des noms de guerre. (5) Le bâtard de Périgord ; Pierregor ou Pieriegord est le véritable nom de cette province, puisqu'il est écrit petrn gorio dans la première vie