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                      UVCURSIONS DES ROUTIERS.                       2(ÃŽ9

 après avoir occupé Brignais et laissé en garnison trois cents
des siens dans ce poste, se porta sur le comté de Forez avec
 trois mille hommes de cavalerie et deux mille d'infanterie ;
mais le récit de Villani est très-erroné ; je ferai seulement
observer que si le Pelit-Meschin n'avait emmené avec lui
que cinq mille hommes, il devait en rester à Brignais, non
pas trois cents, mais dix mille, puisque l'armée des Tard-Ve-
nus se composait de quinze mille hommes; Seguin de Badefol
en était le principal chef, et non le Petit-Meschin comme le
dit Villani ; lorsque le Pelit-Meschin se dirigea sur le Vivarais,
il ignorait que les Français faisaient des préparatifs pour at-
taquer les Tard-Venus, et peut-être môme ces préparatifs
n'étaient—ils pas commencés ; il se disposait probablement à
aller rançonner le Pape à Avignon, tandis que Seguin de
Badefol exploiterait le Lyonnais, le Forez et le Beaujolais ; il •
était à Saugues, dans la Haute-Loire, ainsi que nous l'ap-
prend la chronique de Montpellier, lorsque ayant eu connais-
sance des préparatifs de guerre des Français, il revint de Sau-
gues pour renforcer les Tard-Venus, qui étaient restés en de-
çà de la Loire.
   Nous trouvons, dans les comptes de Dimanche Vilel, la
preuve quelesTard-Venus duPetit-Meschin étaient au-delà de
la Loire, au commencement de mars 1362 ; on lit dans le
compte qui commence à la Toussaint 1361, et finit à la Tous-
saint 1362, que des messages étaient envoyés aux baillis
d'Auxois, d'Autun et de la montagne pour convoquer les no-
bles en armes: « pour eslre à Oslun au jour des brandons
( 13 mars 1362 ) pour résister aux compaignies qui estoient
oullre Loire qui dévoient entrer au duchié deBourgongneÇl).»
   (1) Les lermes de cette convocation semblent indiquer que les Tard-
Venus du Pctit-Mcschin revenaient déjà de Saugues. pour se joindre aux
Routiers de Seguin de Badefol, menacés par les préparatifs des Français.
Mais comme on ne connaissait pas leurs intentions, on supposait à tort
qu'ils voulaient rentrer en Bourgogne.