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A13 XIIe SIÈCLE. 209
Quoi qu'il en soit, le mérite de ce jeune seigneur est d'a-
voir mis hors de doute des points qui pouvaient être con-
testés, faute de développements suffisants dans les chartes
antérieures.
Antoine décéda en 1374 et eut pour successeur son cou-
sin Edouard, qualifié deuxième.
Bien que l'avènement de ce dernier soit de 1374, la
confirmation de privilèges n'est que du 22 décembre 1376.
Ce retard provient de litiges de famille. La baronnie du
Beaujolais fut acrement disputée à Edouard II, par la sœur
et les oncles d'Antoine. L'affaire fut quelque temps en sus-
pens , le droit mal assis de celle époque flottant au gré
des influences de cour. Les bourgeois ne se pressèrent donc
pas de présenter leur charle à la confirmation d'un seigneur
dont la position était indécise. Quand enfin ils le firent, ils
vinrent armés de toutes pièces. Ils n'avaient presque rien
changé au texte de la charte révisée et améliorée par An-
toine en 1369, —quelques légères corrections, voilà tout;
mais il la firent suivre d'un luxe inouï de garanties légales
et morales. Ils épuisèrent toutes les formules que la légis-
lation pul leur fournir, toutes les sûretés que l'esprit de chi-
cane put inventer, toute la série des serments connus ; tant
leur confiance était grande ! Se défiaient-ils du nouveau
venu? Connaissaient-ils son caractère, ses instincts ? Il
semble qu'ils aient eu comme un vague et juste pressenti-
ment de tous les mauvais tours que devait leur jouer celui
qui fut le père et le dernier de nos seigneurs de race indi-
gène. La longue kyrielle de cette phraséologie de sauve-
garde ne remplit pas moins de douze grandes pages des
Mémoires sur Villefranche. ( p. 14-6-158 ).
Il peut être instructif d'en citer texluellement quelques
paragraphes. Je résumerai le reste-
Je traduis aussi littéralement que possible.
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