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LYON AVANT 8 9 . 135
Les portes de la ville, depuis l'année 1670, étaient gardées
par nne compagnie franche détachée du régiment lyonnais.
Cette dérogation aux privilèges de la commune provenait de
la demande des bourgeois qui, trouvant onéreux l'exercice de
leur droit , avaient prié le roi de s'en charger à leur place.
On en peut dire autant du guet que les bourgeois de-
vaient faire eux-mêmes, mais dont ils avaient volontiers
abandonné, moyennant finance, la peine et l'ennui, Le guet
de Lyon se composait d'une compagnie de cinquante hommes
établis pour veiller au bon ordre et a la sûreté des citoyens,
pour faire des rondes de nuit et pour prêter main-forte à la
justice.
En résumé, les habitants de Lyon avaient tous le droit de
porter les armes ; mais la ville ne renfermait pas plus de trois
cents hommes de troupes permanentes, deux cents arquebu-
siers, cinquante chevaliers du guet, et la compagnie franche
du régiment lyonnais.
Les principaux établissements de bienfaisance soumis à la
surveillance du consulat étaient les deux grands hospices de
l'Hôtel-Dieu et de la Charité, fondés, l'un par les premiers
Mérovingiens, l'autre par la bienfaisance des Lyonnais, dans
une circonstance qui mérite d'être rapportée. En 1531, pen-
dant une de ces affreuses famines qui trop souvent désolaient
la France, les habitants de Lyon virent arriver par le Rhône
et la Saône un grand nombre de barques remplies de malheu-
reux exténués et mourant de faim. C'étaient de pauvres
laboureurs, des vilains de la Bourgogne et du Haut-Dauphiné
qui, ne pouvant plus vivre chez eux, venaient à Lyon de-
mander du pain. Ils étaient huit mille, disent les uns, douze
mille, assurent les autres. La ville s'émut; les bourgeois ap-
portèrent l'aumône de l'argent, leurs femmes l'aumône plus
Seize, et cela pour deux raisons : Pierrc-Scize était château royal ; en outre
il servait de prison et la justice appartenait au roi.