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pression d'un privilège qui augmentait leurs charges, puisque
la taille était une imposition fixée, non d'après un cadastre
mais d'après la population et la richesse présumées des parois"
ses, et que par suite sa répartition devenait plus ou moins
onéreuse suivant le nombre des contribuables, le privilège des
Bourgeois avait été limité (1) aux propriétés qu'ils exploitaient
ou faisaient valoir par eux-mêmes , en d'autres termes à
l'enclos des maisons de campagne qu'alors, comme aujour-
d'hui, chaque négociant achetait ou faisait construire sur les
coteaux de Saint-Cyr et d'Ecully. — Les droits d'entrée sur
les vins et les denrées de première nécessité , supprimés d'a-
bord au détriment de la seigneurie, rétablis ensuite par la
commune à son propre profit, puis ressaisis et revendus par
l'Etat, n'avaient jamais cessé d'exister, malgré la lettre des
privilèges. La faculté de ne pas payer les taxes ordinaires du
royaume devenait illusoire quand il fallait verser au Trésor
royal des sommes désignées sous les noms d'emprunts ou dons
gratuits. — L'exemption du service militaire avait souffert
bien des exceptions depuis le jour où la commune l'avait
rachetée mille livres tournois de Philippe VI (2), jusqu'au
moment de la guerre de la succession d'Espagne, et de celle
de 1742 où le roi Louis XV leva des hommes dans la ville et
dans les corporations ouvrières , autorisant seulement ces
dernières à ne pas procéder par la voie du tirage au sort,
mais à désigner elles-mêmes les hommes destinés à former


   (1) A la suite d'une plainte insistante et d'un recours au roi formulés
spécialement par les habitants du coteau de Saint-Rambert et du Mont-
d'Or.
   (2) Au moment de nos désastres nationaux, Philippe de Valois appela
tous les Français sous les armes. Le Sénéchal de Lyon voulut y exécuter
l'ordre du roi. La ville réclama, représenta ses privilèges, exposa la néces-
sité de laisser à une grande ville frontière ses citoyens pour la défendre,
et enfin termina le différend par l'offre au roi de mille livres tournois.