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POÉSIE. 7
Auprès de ses ajnis, son ardente satire
Fouaillait les courtisans du tout-puissant empire (1);
Il ridiculisait l'illustre Crispinus,
Et, ne fermant jamais son temple de Janus,
Il déclarait la guerre aux innombrables vices
Dont ses contemporains se faisaient les complices.
Sur le progrès du mal mordant à belles dents,
Le poète vengeur n'était pas de son temps :
Eh bien ! malgré cela, personne, que je sache,
N'a traité jusqu'ici Juvénal de ganache.
Paul SAINT-OLIVE.
LA PANACÉE,
SONNET.
Connais-tu cette plante aux sues miraculeux,
Qui guérit tous les maux?— Suis-moi sur la montagne:
Plus haut que le Mont-Blanc et les sierras d'Espagne,
Nous irons la cueillir au sein des glaciers bleus.
Ils montent ; tout s'efface, et l'immense campagne,
Et des grandes cités le fracas populeux.
— Arrêtons-nous, dit l'un... Ce chaos nébuleux
M'épouvante...—Marchons !... L'espoir nous accompagne.
— La fatigue me tue... — Atteignons ce haut lieu
Qui brille dans l'azur... — Ma paupière se ferme...
Arrêtons-nous. —Marchons!— Je ne puis plus... Adieu.
— Encore un pas !..-Je meurs..-C'est bien..Voici le terme..
ïa main n'a qu'à s'étendre et se plonger en Dieu ;
L'herbe qui guérit tout, c'est en lui qu'elle germe !
T. DOUCET.
(1) Ecce iterum Crispinus. — Juven. îv, 1.