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M. CHENAVARD. 437
tudes humaines. Les œuvres de Chenavard seront, dans ce
siècle de transformation et de renouvellement de toutes
choses, l'un des derniers et des plus gracieux reflets du
ge'nie de la Grèce. Terminons par ce mot qui re'sume a la
fois tout ce travail et l'œuvre même que nous venons de
parcourir, M. Chenavard est Grec. Il aura, comme André
Chénier, pour admirateurs et pour disciples tous les esprits
délicats qui auront respiré le souffle de l'antiquité, et qui, a
quelque degré que ce soit, auront reçu d'Homère, de Platon,
de Phidias, de Virgile, la révélation du beau. Enfant de
l'illustre cité de Lyon, son intelligence appartient a une
autre patrie qu'il n'a pas moins aimée. Bercé par ses chants,
imprégné de sa lumière, pourri de ses parfums, la Grèce a
été sa véritable mère; elle a été sa religion et son culte;
il a vécu de ses souvenirs, attachant sur elle un regard plein
d'amour, comme ces exilés dont l'Anthologie nous a con-
servé le lai mélancolique :
« Nous sommes de l'Eubée, — nos corps reposent sous
« les murs de Suse. Hélas! hélas! que nous sommes loin
« de notre patrie ! »
J. ROIDOÃ.