Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
436                      M. CHENAVARD.

 qui sont arrivés jusqu'à nous, les Vitruve, les Palladio, les
 Philibert Delorme, ils le doivent, pour la plupart, moins a
 leurs monuments qu'a leurs écrits. Léonard de Vinci, Michel-
 Ange, Raphaël étaient de grands architectes, mais les bio-
 graphes qui ont enregistré avec tant de soin les œuvres
 immortelles de leurs pinceaux, mentionnent a peine, et sans
beaucoup de certitude, leurs compositions architecturales ;
 et cependant Venise, Florence et Rome s'enorgueillissent de
nombreuses constructions dues a ces maîtres. Giotto est
plus connu par ses peintures que par son campanile de
Sainte-Marie de Florence. On connaît quelques-uns des
architectes de Saint-Pierre, le Rramante qui l'a commencé,
le Bernin qui l'a fini. Qui se rappelle les noms d'Anthémius
de Tralles et d'Isidore de Milet, les architectes de Sainte-
Sophie? Pierre Lescot, Jean Bullant, les charmants architectes
du Louvre, ont été a peu près oubliés, et l'auteur de la
colonnade nous est moins connu par son œuvre que par les
sarcasmes de Boileau. Presque tous les chefs-d'œuvre de
l'architecture gothique en Europe sont restés anonymes.
Pour un Erwiu de Steinbach, pour un Eudes de Montreuil
que la postérité salue comme des maîtres de l'art, combien
d'autres noms sont restés enfouis dans les nécrologes des
monastères.
   Grâce à ses belles publications, a ses livres, a ses dessins,
le nom de M. Chenavard sera sauvé de l'oubli. Longtemps
avant que le Grand-Théâtre de Lyon ne rende a la postérité
qui fouillera ses ruines la page de cuivre enfouie sous sa
première pierre, longtemps* après que les tombeaux de
Berjon et de Bonnefond auront cessé d'exister, les biblio-
thèques conserveront dans leurs archives et offriront aux
artistes studieux ces nobles modèles d'un art qui ne sera
jamais dépassé, mais dont les traditions vont toujours
s'altérant, et qui subit de plus en plus l'influence des vicissi*