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et je me suis borné au point de vue historique, m'efforçant
de prouver que notre malheureux prince ne subit point d'é-
preuve judiciaire et qu'il mourut d'une fièvre épidémique et
non du poison.
En signalant les deux principales inadvertances du récit
de M. H. Martin, j'en ai rectifié plusieurs autres encore que
je rappellerai sommairement. Nous avons vu, par exemple,
que Lothaire n'alla pas en Italie réclamer la levée de son
excommunication, puisqu'il n'avait jamais été retranché du
corps de l'Église ; il ne communia pas à Rome, mais dans le
monastère de S. Benoît ; il n'eut point de serment a prêter
avant de communier, et sa mort, que M. H. Martin, ce sem-
ble, ne devait pas appeler violente, suivit, non de peu de
jours, comme dit le même historien, mais presque d'une
quarantaine de jours, la réception de l'Eucharistie. Ces
inexactitudes sont d'autant plus regrettables que toutes, plus
ou moins, font incliner à regarder l'explication de M. Sis-
mondi comme l'inévitable conséquence de la narration.
Ce n'est qu'après de très-scrupuleuses vérifications que
l'on doit adopter, sur les hommes et les choses qui touchent
à l'Église, les censures de M. Sismondi qui vient d'égarer
M. H, Martin. « On découvre, a dit M. Sylvestre de Sacy.
dans un Rapport sur les prix décennaux, on découvre dans
M. Sismondi un ennemi déclaré du catholicisme, un parti-
san des doctrines réformées et peut-être quelque chose de
plus. On pourrait encore le considérer comme un historien
instruit..., si ses opinions ne l'empêchaient pas de voir et
de dire la vérité. » Cet arrêt est extrêmement sévère, mais
le juge était compétent (1).
L'abbé GORINI.
Saint-Denis, près Bourg (Ain), le 13 mai 1855.
(1) Voir, sur M. Sismondi, notre Défense de l'Église contre, les erreurs
des principaux historiens modernes, t. II, p. 230.