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400                  EXPOSITION UNIVERSELLE
qu'à y marcher et à grandir, à la condition toutefois pour elle, de
se corriger bien vite de ses défauts, qui sont à vrai dire aussi
grands que peuvent l'être ses qualités. Ainsi, à côté d'un des-
sin ordinairement consciencieux et louable , cette école a fait
preuve d'une couleur la plupart du temps inacceptable, dure, sans
harmonie, et même parfois criarde au-delà de toute expression.
La composition est, il est vrai, ingénieuse , et dénote chez les
peintres anglais une observation bien faite de la nature , mais la
manière dont leurs tableaux sont peints est sèche, froide, et d'une
minutie puérile, qui parait s'accommoder surtout des petites con-
ceptions et des petits effets , les sujets traités se rapportant pres-
que tous à des scènes de genre ; ce n'est pas avec de pareils er-
rements qu'on s'élève à la hauteur des grandes écoles , et si ce
même point de départ , restreint et terre à terre , est toujours
maintenu, on peut hardiment prédire aux Anglais que si jamais
il leur arrive d'atteindre à la finesse et à la grâce des petits Fla-
mands, à coup sûr ils n'iront jamais plus loin. Leur prédilection
pour l'aquarelle, dans laquelle ils se montrent vraiment supé-
rieurs, tendrait à justifier par avance cette prophétie qui leur as-
sure encore une belle place , mais qui leur interdit à jamais le
premier rang.
   Quoi qu'il en soit de l'avenir qui est réservé à la peinture dans
le Royaume Uni, je me bornerai, nonobstant, à reconnaître l'im-
pulsion intelligente et partie de haut, qui tend à la faire progres-
ser, et lui assure les encouragements les plus sérieux et les plus
mérités.
   Le plus remarquable représentant de cette peinture, sans ac-
ceptionde genre ni de sujet, me paraît être M. Landseer, le pein-
tre d'animaux, qui se fait remarquer surtout par la conscience et
l'habileté avec laquelle il sait reproduire la physionomie propre
à chacune des espèces animales , chiens, chevaux, moutons , sin-
ges et perroquets , qui donnent un cachet très-original à toutes
ses compositions. Ce n'est pas que le défaut capital de l'Ecole an-
glaise, l'abus du fini et de la recherche dans le travail du pinceau,
ne puisse lui être également reproché , et ne se laisse trop voir
même dans ses animaux à la forge, le meilleur et le plus impor-