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340 L.4 VÉRITÉ
travaux imprévus, 11 n'est guère possible de faire une eslimn
lion plus juste en matière de théâtre , reconnue pour être la plin
difficile de toutes,
Le rapport de M. Terme, du H mars 184*2, cité par M. Bellin,
reproche au théâtre de M. Chenavard de ne pouvoir, malgré
l'étendue de la salle , contenir que J84S spectateurs. « Tout a
été sacrifié, dit M, Terme, à la physionomie architecturale qui
présente, il est vrai, de la grandeur et de l'élégance , "mais qu'on
n'a pas conciliées avec les convenances et les goûts du public. »
L'honorable magistrat ignorait sans doute qu'un programme
avait été donné en 1826 à M. Chenavard, et que son plan ne fut
accepté que parce qu'il en remplissait toutes les conditions. Ce
programme exigeait deux rangs de loges particulières à l'ita-
lienne et outre cela 1800 places pour le public. L'architecte s'y
est conformé et par conséquent est irréprochable sur ce point.
Cette disposition était réclamée depuis longtemps ; un grand
nombre de familles riches et distinguées n'allaient pas au théâ
t r e , disaient-elles, ne voulant pas être mêlées dans la foule des
galeries publiques ni forcées à se trouver à l'ouverture des portes.
En un mot, on ne voulait plus d'un théâtre PEUPLE, suivant
l'expression dont on se servait alors.
Ces exigences, dont M. Bellin ne paraît tenir aucun compte,
malgré qu'elles lui aient été signalées, rendaient la disposition
de la salle d'une extrême difficulté. Pour la résoudre conformé-
ment aux règles de l'art, M. Chenavard fut obligé de placer ses
deux rangs de loges en retraite sur la première galerie qui avan-
çait elle-même sur le parterre. Ce dernier perdait beaucoup de
place, étant assis tandis que celui de Soufflot était debout. La
seconde galerie était placée sur le deuxième rang de loges. Tout
cet ensemble formait un magnifique coup d'œil ; seulement il est-
vrai que le premier rang seul de cette seconde galerie était com-
mode , les autres par conséquent se garnissaient rarement de
spectateurs , excepté en face de la scène. Ce défaut, si toutefois
on peut l'appeler ainsi, puisqu'aucun des théâtres de la capitale
n'en est exempt. venait des exigences auxquelles l'architecte
avait été obligé de satisfaire sans qu'il y ait eu aucune impré-